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Lunettes Emmanuelle Khanh

L'oversize comme acte de courage Portrait de marque — Créateur français · Paris & Jura, marque indépendante depuis 1970 La plupart des créateurs ont dessiné des lunettes pour les autres.

Lunettes Emmanuelle Khanh

L'oversize comme acte de courage Portrait de marque — Créateur français · Paris & Jura, marque indépendante depuis 1970

Chapeau

La plupart des créateurs ont dessiné des lunettes pour les autres. Emmanuelle Khanh les a dessinées pour elle-même — et a décidé que visible, ça voulait dire magnifique.

Il existe un avant et un après Emmanuelle Khanh dans la lunetterie. Avant elle, les lunettes étaient un correctif médical qu'on s'efforçait de rendre discret. Après elle, elles sont devenues l'accessoire le plus fort du visage.

Ce changement de paradigme n'est venu ni d'un grand groupe, ni d'un marketing millionnaire, ni d'une tendance de défilé. Il est venu d'une femme myope qui avait fait du mannequinat chez les plus grands couturiers et décidé que ses lunettes seraient à la hauteur de ce qu'elle avait à dire au monde.

L'histoire — une orpheline chez Balenciaga qui a changé la lunetterie

Renée Mézière naît le 12 septembre 1937 à Paris. Orpheline, elle entre jeune dans la mode comme mannequin cabine — chez Balenciaga, puis Givenchy. Elle observe de l'intérieur la distance qui s'est creusée entre ces temples de l'exclusivité et la rue parisienne réelle.

1957 — Quasar Khanh et un couple avant-gardiste

Elle épouse Quasar Khanh, ingénieur et designer visionnaire, et prend le nom d'Emmanuelle Khanh — celui de la future marque. Ensemble, ils vivent la mode comme un projet intellectuel autant qu'esthétique : un dialogue permanent entre la forme et l'idée qu'elle porte.

1961-1966 — la naissance du prêt-à-porter

Elle crée sa première ligne de vêtements, travaille pour Dorothée Bis et Cacharel, signe une collection pour Missoni ; Paco Rabanne demande à collaborer avec elle. Avec Sonia Rykiel et Michèle Rosier, elle forme le trio qui révolutionne la mode française. Surnommée « la Mary Quant française », elle devient la traductrice parisienne de la mode yéyé.

1971 — l'année qui change la lunetterie mondiale

Myope, Emmanuelle Khanh a toujours essayé de rendre ses lunettes discrètes. Un jour, décision radicale : elle va créer des lunettes qui ne se cachent pas — qui prennent de la place, qui s'imposent comme un bijou. Des montures oversize. En s'associant au fabricant Henri Guillet, elle lance sa première collection : des montures volumineuses, colorées, comme personne n'en avait vu.

1977-1990 — la boutique de la rue de Tournon

Elle ouvre sa première boutique rue de Tournon, dans le 6e arrondissement : lunettes, bijoux, chapeaux, sacs, prêt-à-porter — un univers total. La maison connaît une période faste jusqu'en 1990, date à laquelle elle cesse son activité.

2012-2019 — le retour et la transmission

La maison renaît en 2012 : classiques réédités, ateliers jurassiens rouverts. En 2016, Eva Gaumé est nommée directrice artistique. Emmanuelle Khanh s'éteint en 2017, à 79 ans ; la maison continue, portée par son héritage. En 2019, pour les 50 ans, elle crée son propre monogramme.

Les codes — reconnaissable entre toutes

La signature Emmanuelle Khanh n'est pas subtile : elle est assumée, et c'est là toute la philosophie de la maison.

L'oversize comme signature absolue

Le code fondateur, inchangé depuis 1971 : les montures prennent de la place et ne s'excusent pas d'exister. Là où l'époque avait appris aux femmes à rendre leurs lunettes invisibles, Emmanuelle Khanh a enseigné l'inverse — plus grande est la monture, plus affirmée est la personnalité.

Le modèle iconique 8080

La pièce maîtresse de la maison — une monture extra-large dont les proportions ont été comparées à un tableau de Mondrian. Objet de collection prisé en ventes aux enchères, elle reste la référence absolue de l'esthétique de la marque.

Les écailles travaillées

L'acétate se distingue par ses motifs d'écaille, ses transparences et ses profondeurs de couleur — résultat d'une matière sélectionnée avec soin et d'un polissage d'une semaine en tonneau.

Le logo EK posé à la main

Les initiales EK sont incrustées une par une, à la pince, dans les branches, puis recouvertes d'une résine transparente qui sèche plusieurs heures. Un détail invisible au premier regard qui distingue une lunette artisanale d'une lunette industrielle.

Héritage et Studio

Sous Eva Gaumé, deux lignes : Héritage, qui réinterprète les modèles historiques avec une précision archivistique, et Studio, qui projette l'ADN de la maison dans des silhouettes contemporaines. Deux façons d'être fidèle à la même vision.

La fabrication — plus de 80 étapes pour une paire

Chaque paire passe par plus de 80 étapes dans les ateliers jurassiens d'Oyonnax. Ce processus artisanal, transmis depuis les origines, explique pourquoi ces lunettes vieillissent si bien — et pourquoi les modèles vintage s'arrachent aux enchères. Les lunettes sont conçues à Paris et fabriquées en France (Jura) et au Japon.

Acétate et découpe

Les montures sont découpées dans de l'acétate de cellulose — matière organique issue de flocons de coton et de cellulose de bois, capable de couleurs et de motifs que les plastiques synthétiques ne reproduisent pas. Les feuilles sont découpées puis séchées en étuve pour stabiliser la matière.

Polissage en tonneau

Faces et branches sont placées dans un tonneau rempli de copeaux de bois et de pâte à polir, qui tourne une semaine entière, en trois passes successives du plus fort au plus fin. À la sortie : un acétate poli et brillant comme une pierre taillée.

Logo posé à la main

Les initiales EK sont déposées une par une, à la pince, dans des incisions gravées au laser, puis recouvertes d'une résine qui sèche plusieurs heures avant d'être arasée — un sertissage manuel qui distingue la pièce d'une production industrielle.

Assemblage final

Faces et branches sont vissées à la main, le raccord ajusté et limé, une dernière passe de polissage élimine les micro-rayures. Les verres ne sont découpés qu'à la fin, adaptés à la forme finale — une garantie de durabilité que les productions industrielles n'atteignent pas.

La cliente — qui porte Emmanuelle Khanh

Ces lunettes parlent à ceux qui voient leur monture comme une partie centrale de leur personnalité, pas comme une concession à une vision défaillante.

La femme qui a décidé de ne plus cacher sa monture

Elle a longtemps porté des lunettes discrètes parce qu'elle croyait que c'était attendu d'elle. Le jour où elle essaie une Emmanuelle Khanh, quelque chose se libère : sa correction peut être le plus beau détail de sa silhouette.

La passionnée de mode et de patrimoine français

Pour elle, porter Emmanuelle Khanh, c'est porter un morceau de l'histoire de la mode française — celle des années 70, du prêt-à-porter militant, de la femme libre qui se redéfinissait. Un choix culturel autant qu'esthétique.

Le collectionneur de vintage

Les modèles originaux — le 8080 en tête — atteignent des prix élevés aux enchères. Les rééditions de la ligne Héritage satisfont cette demande avec des pièces authentifiées et artisanales.

Celui ou celle qui assume le grand format

Les lunettes oversize s'adressent à tous — hommes et femmes — qui refusent la monture invisible. Une EK est un statement : je suis là, je vois, et je suis vu.

Questions fréquentes

Pour l'opticien — pourquoi proposer Emmanuelle Khanh

Référencer Emmanuelle Khanh, c'est faire entrer la marque qui a inventé l'oversize — et qui le fait mieux que personne depuis cinquante ans. Une maison indépendante, artisanale, profondément française.

Les lunettes Emmanuelle Khanh sont disponibles à l'essayage chez , votre opticien à ?

Réponse à compléter.

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