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Pourquoi assécher les marais français au début du XVIIe siècle, alors qu’ils étaient déjà exploités ? Raphaël Morera montre que les projets visent à convertir des zones humides utiles en terres agricoles, en s’appuyant sur un discours qui les présente comme malsaines et disponibles. Qui utilise ces espaces avant les travaux ? Les communautés riveraines y pêchent, chassent, font pâturer leurs bêtes et prélèvent des végétaux, selon des droits et des propriétés variés.
Comment les grands assèchements deviennent-ils possibles ? Les exemples hollandais et italiens associent techniques hydrauliques, investissements, institutions et nouvelles règles foncières. Mais savoir drainer ne suffit pas : digues, canaux et écluses exigent un entretien durable et une coordination entre acteurs. En France, les guerres, les difficultés financières et les conflits entre communautés fragilisent cette gestion.
Que révèle l’enquête en Gironde ? La palu de Bordeaux présente des usages complémentaires, tandis que le cas de Lesparre-Médoc reste moins documenté sur le plan historique ; le chapitre n’apporte pas d’étude spécifique des Landes ou de Lacanau. Son interrogation finale porte sur le lien entre maîtrise de l’eau, contrôle des terres et répartition du pouvoir, que la suite du livre doit approfondir.
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Sommaire
Gironde, Landes, Lacanau et territoires proches
Bordeaux et Bruges : les ressources d'une palu partiellement communale
Le passage le plus riche sur la Gironde concerne les marais suburbains de Bordeaux, étudiés notamment à partir des travaux de l'historienne Sandrine Lavaud (note 35). Selon Morera, une grande partie des marais relevait au Moyen Âge du paduen de la vila. Le terme désigne ici un statut de biens communaux ; il ne doit être ni généralisé à tous les marais français ni transposé à d'autres communes dont le régime foncier n'est pas étudié dans le chapitre. Les jurats bordelais supervisent l'entretien des nombreux cours d'eau. Les marais se trouvent dans la paroisse de Saint-Remi, au-delà du périmètre immédiat de la ville (PDF p. 14 ; chapitre imprimé p. 17-50).
« la majeure partie de l’espace bénéficiait du statut de paduen de la vila, c’est-à-dire de biens communaux. »
Source : Raphaël Morera, « Les marais, espaces convoités », dans L'assèchement des marais en France au XVIIe siècle, PUR, 2011, chapitre imprimé p. 17-50, PDF fourni p. 14. Le passage s'appuie sur les travaux de Sandrine Lavaud, et non sur une enquête que Morera attribuerait à sa seule initiative.
Le paysage de la palu est décrit selon trois composantes : un bord plus élevé consacré à la vigne ; des parties basses aménagées en prairies pour le bétail ; un ensemble demeuré marécageux, dont le cœur correspond encore à l'emplacement de la réserve naturelle de Bruges. La vigne s'est implantée progressivement à partir du XIIIe siècle, en relation avec l'exportation du vin bordelais vers l'Angleterre. Morera reprend l'indication selon laquelle plus de la moitié des marais bordelais sont mis en culture dès la fin du Moyen Âge. Le chiffre concerne ici les marais de Bordeaux et ne décrit ni la Guyenne entière ni les superficies d'assèchement réalisées au XVIIe siècle (PDF p. 14-15).
« Dès la fin du Moyen Âge, plus de la moitié des marais de Bordeaux sont ainsi mis en culture. »
Source : Raphaël Morera, même chapitre, PUR, 2011, chapitre imprimé p. 17-50, PDF fourni p. 14.
Une enquête de 1600 décrit les roseaux et joncs des basses terres. Les barreaux sont des espaces temporairement asséchés, délimités, exploités en pré et drainés par des fossés encadrés de percintes, c'est-à-dire des levées. L'auteur explique que les ressources du marais participent à l'économie viticole : joncs et aubiers utilisés pour l'entretien des vignes y poussent. Les prairies servent à engraisser le bétail destiné au marché bordelais. Ces relations montrent l'intégration des terrains humides à la vie économique urbaine, sans supposer leur transformation complète en champs (PDF p. 15).
Les revenus de la fenaison sont attestés par un procès de 1619 opposant le cardinal de Sourdis à Conrad Gaussen. Morera cite également les profits de la pêche et le règlement de 1647 du syndicat des marais de Bordeaux et de Bruges, qui se plaint des inconnus faisant pénétrer l'eau de rivière et les poissons dans les marais. L'arrêté évoqué dans le texte ne prouve pas que toute circulation de poissons était proscrite partout : il documente un litige sur la gestion des eaux dans l'espace du syndicat (PDF p. 15 ; note 40 au PDF p. 33).
« entrer l’eau de la rivière et par conséquent le poisson »
Source : règlement du syndicat des marais de Bordeaux et de Bruges, 1er juillet 1647, cité par Raphaël Morera, chapitre imprimé p. 17-50, PDF fourni p. 15 ; référence d'archive rapportée dans la note 40 : AD Gironde, H Jacobins, liasse 34, article XI, d'après Sandrine Lavaud. La formulation est celle du règlement cité par Morera, pas une phrase rédigée par Morera lui-même.
Lesparre-Médoc : marais internes, Passe Castillonnaise et mattes de l'estuaire
Morera situe les marais de Lesparre sur la rive gauche de la Gironde, au sein des marais du Bas-Médoc. Il les décrit, dans leur état moderne, comme des marais internes situés à environ dix kilomètres des rives de l'estuaire. À leur extérieur se distingue la Passe Castillonnaise, bande de terre asséchée et largement viticole, puis un ensemble de marais externes gagnés sur les rives. Le nom de mattes désigne, dans la note 62, des prises récentes sur l'estuaire. Les dépôts alluviaux de la Gironde contribuent à des atterrissements successifs ; les mattes les plus récentes se trouvent généralement à une altitude supérieure à celle des conquêtes plus anciennes. La classification est reprise dans le cadre de l'analyse géomorphologique et ne constitue pas en elle-même un relevé de droits de propriété. La carte générale du chapitre indique par ailleurs 2 300 hectares pour l'opération de Lesparre-Médoc ; cette valeur cartographiée n'est pas présentée comme la superficie totale de tous les marais du Bas-Médoc (figure 1, PDF p. 1 ; développement PDF p. 19 ; notes 61-64 au PDF p. 34).
« les profonds rentrants que les anciennes vallées ont sculptés lors des régressions quaternaires »
Source : description des marais internes donnée par Fernand Verger, Marais et wadden du littoral français, 1988, p. 338, citée par Raphaël Morera, « Les marais, espaces convoités », PUR, 2011, chapitre imprimé p. 17-50, PDF fourni p. 19 et note 61 p. 34. La citation est attribuée à Verger, cité par Morera.
La situation géographique du XVIIe siècle ne coïncide toutefois pas avec la configuration actuelle. Les nouveaux gains sur la Gironde aux XVIIIe et XIXe siècles ont repoussé les limites de l'estuaire et ont progressivement enclavé les marais. Le projet de dessèchement des marais de Saint-Vivien en 1860 constitue une preuve documentaire de la relative tardiveté de certaines prises situées plus en avant dans l'estuaire ; il ne doit pas être confondu avec une description précise des aménagements de Lesparre en 1600 (PDF p. 19 ; note 63 au PDF p. 34).
Au XVIIe siècle, les marais de Lesparre ne jouxtent pas directement les eaux de la Gironde. Une butte calcaire située vers Lesparre et Couquèques forme un écran partiel à l'ouest. Au nord, un cordon sableux et une élévation vers Jau-Dignac atteignant environ cinq mètres offrent une protection naturelle partielle. En revanche, des terrains inférieurs à deux mètres d'altitude permettent encore le passage de crues et de fortes marées depuis les rives estuariennes. Morera prend soin de signaler que la hauteur des terrains les plus extérieurs a vraisemblablement augmenté au fil des dépôts depuis le début du XVIIe siècle (PDF p. 19-20).
La réserve documentaire est ici capitale. Morera ne fournit ni inventaire systématique des pêcheries de Lesparre, ni histoire détaillée des droits communaux médocains, ni démonstration portant sur la privatisation des marais de Lesparre au XVIIe siècle. Il écrit explicitement que les données disponibles ne permettent pas de traiter ce site comme les autres marais mieux connus.
« À l’exception des marais de Lesparre, au sujet duquel la documentation fait lourdement défaut »
Source : Raphaël Morera, « Les marais, espaces convoités », PUR, 2011, chapitre imprimé p. 17-50, PDF fourni p. 20. La phrase se poursuit par un constat général d'aménagements périphériques pour les autres marais étudiés.
Guyenne : une quantité de marais convoités, non un bilan d'assèchement
Le tableau 1 du chapitre, établi à partir d'un manuscrit conservé à la BnF, attribue à la Guyenne 24 000 arpents, convertis dans le tableau en 8 160 hectares, parmi les marais recensés comme susceptibles d'être asséchés dans les années 1630. Il s'agit de l'espace administratif nommé « Guyenne » par la source du XVIIe siècle. Morera ne ventile pas cette superficie par commune et elle ne peut être assimilée aux seuls marais du Médoc, à ceux de Bordeaux ou au département actuel de la Gironde. Le total de l'ensemble des provinces présentées atteint 129 336 hectares (tableau 1, PDF p. 8-9).
Repères documentaires girondins présents dans les notes
Pour les marais bordelais, Morera mobilise Sandrine Lavaud, « La palu de Bordeaux aux XVe et XVIe siècles », Annales du Midi, t. 114, n° 237, janvier-mars 2002, p. 25-44 (note 35, PDF p. 33). Les notes signalent des documents des Archives départementales de la Gironde, notamment H 574, fol. 38, G 123, H Jésuite Collège, liasse 95, et H Jacobins, liasse 34 (notes 36, 38-40). Pour le Bas-Médoc, la bibliographie citée comprend Fernand Verger, Marais et wadden du littoral français (1988) ; le Projet de desséchement des marais du littoral sur le versant de la Gironde, Bordeaux, Imprimerie Durand, 1860, 16 p. ; Henri Enjalbert, Les pays aquitains (1960) ; et des travaux de Glangeaud et Lévêque sur l'estuaire (notes 61-64, PDF p. 34). Il s'agit des références mentionnées dans le chapitre, non d'archives originales jointes au fichier.
Landes et Lacanau : absence de développement local spécifique
Le chapitre ne documente pas spécifiquement Lacanau, Lacanau-Océan, Longarisse, Le Porge ou les landes communales de ces communes. Il ne fournit pas non plus une étude des marais du département des Landes. Les rapprochements qu'un lecteur pourrait faire avec la fixation des dunes aquitaines, les droits d'usage locaux ou les grands travaux fonciers du XIXe siècle ne sont pas des conclusions de ce chapitre et ne sont donc pas introduits dans cette fiche. La carte de la figure 1 représente les principaux assèchements étudiés entre 1599 et les années 1650 ; elle signale notamment Bordeaux et Lesparre-Médoc, mais ne localise pas Lacanau (PDF p. 1).
Résumé développé suivant le plan du document
Le plan ci-dessous reprend les intitulés présents dans le chapitre. L'ouverture et la fin, dépourvues d'intertitre propre, sont signalées comme telles. Les repères entre parenthèses désignent les pages PDF, non les pages imprimées de l'ouvrage.
Ouverture du chapitre : un discours de rejet devenu programme d'aménagement (PDF p. 1-3)
Morera rappelle l'ancienneté du discours hostile aux marais. Chez Vitruve, Columelle et d'autres auteurs antiques, les eaux stagnantes sont associées à des vapeurs nocives, à des insectes, à des reptiles, à la dégradation des récoltes et à diverses maladies. Ce lexique négatif, que l'auteur qualifie de « discours dessiccateur », connaît une nouvelle faveur à la Renaissance avec la lecture des auteurs anciens. L'insalubrité prêtée aux zones humides constitue dès lors un argument utilisable par les propriétaires fonciers favorables à leur transformation. Dans la plaine du Pô, ce langage rencontre également une représentation intellectuelle de la nature ordonnée par la mesure et par l'action humaine.
La France n'invente pas ce mouvement : elle reçoit un ensemble de modèles et d'arguments déjà en circulation en Europe. Les premières tentatives françaises restent dispersées sous Henri III ; Morera mentionne notamment l'entreprise de l'étang de Pujaut, entreprise en 1583 et achevée seulement au XVIIe siècle. Une impulsion nouvelle intervient sous Henri IV. En 1597, Joseph Juste Scalyger, installé à Leyde, lui adresse une lettre pour défendre les grands travaux d'eau. Il vante la Hollande, la région de Ravenne, les ingénieurs hollandais passés en Toscane et les possibilités offertes par les marais français, spécialement dans le delta de l'Aude et la Basse-Provence.
La lettre rapproche trois justifications : la salubrité, l'utilité agricole — transformer les terres en surfaces labourables — et l'exemplarité des réalisations étrangères. La monarchie peut être convaincue à la fois par l'affichage d'une réforme bénéfique et par la perspective de terres productives. Morera annonce alors les deux fils de son enquête : la réussite spectaculaire des opérations européennes et l'importance des marais considérés comme disponibles dans le royaume.
Une dynamique européenne (PDF p. 3-7)
La première idée est que les relations aux marais varient avec les conditions sociales, économiques et politiques. Lorsque la population augmente et que les besoins alimentaires s'accroissent, l'assèchement et la conversion en culture prennent de l'attrait ; lorsque surviennent les crises, les ouvrages coûteux à entretenir sont plus facilement abandonnés. Les conditions climatiques entrent dans l'explication, mais Morera refuse d'en faire le facteur unique ou déterminant. Les transformations de la première modernité s'inscrivent dans un mouvement antérieur de conquête et de remise en culture des terres humides.
Le cas hollandais est central, mais l'auteur en corrige une présentation simpliste. Le drainage néerlandais répond aussi aux dégâts causés par des siècles d'extraction de la tourbe. Celle-ci supprime de la matière du sol ; l'assèchement favorise en outre sa subsidence, c'est-à-dire son affaissement. Des cuvettes et lacs intérieurs se forment ou s'agrandissent. Les travaux visent par conséquent à protéger et à récupérer un territoire fragilisé par les pratiques anciennes, autant qu'à conquérir des surfaces nouvelles. La disponibilité de travailleurs saisonniers, quittant les villages pour travailler sur les digues, et la demande alimentaire soutiennent cette activité.
Les autorités hollandaises interviennent aussi sur les dunes. Dès le XVe siècle, certaines sont consolidées, rehaussées ou plantées de carex des sables pour stabiliser les cordons littoraux. Les assèchements prennent toutefois une ampleur décisive avec le recours au moulin à vent. En Hollande du Nord, l'enfoncement du sol rend souvent impossible l'écoulement de l'eau par simple gravité : la surface du terrain peut se trouver au-dessous du niveau des exutoires. Le moulin élève alors l'eau depuis le fond de la cuvette jusqu'à un canal plus haut. Une première mention apparaît à Alkmaar en 1408, suivie de réalisations près de Leyde, Delft et Rotterdam ; le Rijnland compte vingt-cinq moulins en 1500.
Le moulin entraîne des conséquences institutionnelles et foncières. Il ne peut travailler que si les eaux sont rassemblées dans un réseau fermé, entouré de digues et doté de fossés et d'écluses entretenus. Sa construction représente un investissement important : Morera indique que les moulins sont érigés par des propriétaires privés associés, plutôt que mis au service d'une collectivité indifférenciée. L'accès aux bénéfices du drainage est lié à la participation financière. Les conseils régionaux de l'eau demeurent toutefois essentiels : ils entretiennent les canaux collecteurs, règlent les niveaux et assurent la continuité des écoulements. La maîtrise de l'eau repose ainsi sur l'articulation du capital privé et de règles collectives.
Morera illustre aussi les formes juridiques anciennes des polders. Après une submersion dans le delta de la Meuse en 1322, le comte de Hollande Guillaume III concède en 1331 à cinq entrepreneurs des privilèges pour assécher Zwijndrechtse. Ceux-ci pourront répartir les terres récupérées, nommer un maître des digues et obtenir des droits seigneuriaux sur leurs parts. La conquête hydraulique entraîne donc une répartition explicite de propriété et de pouvoir. À l'échelle du nord de l'Escaut, l'auteur cite une estimation de 122 169 hectares gagnés sur les eaux entre 1540 et 1640, dont 31 528 hectares par assèchement de lacs intérieurs et 90 641 hectares par gains sur les côtes. Il rappelle parallèlement le quasi-doublement de la population néerlandaise, de 900 000 à 1 850 000 habitants entre 1500 et 1650, selon les estimations basses qu'il mobilise.
En Italie du Nord, les territoires dépendant de Venise présentent un autre modèle d'association entre institutions publiques et investisseurs. Environ 77 000 hectares y auraient été asséchés au XVIe siècle, particulièrement dans les régions de Padoue et de Rovigo. Les magistratures vénitiennes de l'eau, renforcées en 1556 par les Provveditori ai beni inculti, encadrent les travaux, tandis que les opérations de bonification proprement dites sont souvent conduites par des consortia de propriétaires. Les autorités restent responsables des grands endiguements fluviaux. Morera évoque les sociétés de Giacomo Barbarigo et d'Alessandro Bon, ainsi que les propositions de Pellegrino de Micheli, qui réclame 10 % des terres bonifiées pour des travaux entre 1566 et 1576, et d'Isodoro del Portello, qui envisage d'assécher 30 000 hectares contre la moitié des terres.
Le mouvement dépasse ces deux régions. L'immigration hollandaise contribue à la poldérisation de la Frise orientale et du Schleswig-Holstein ; environ 40 000 hectares y sont déclarés asséchés entre les XVIe et XVIIe siècles. En Angleterre, les encouragements monarchiques concernent notamment les Fens : le chapitre mentionne 700 000 acres d'assèchement au XVIIe siècle. Il rappelle enfin que des entreprises ont eu lieu en Espagne, avec des résultats moins convaincants. Ce panorama associe donc techniques hydrauliques, innovations juridiques, investissements et recompositions environnementales.
En France, des marais disponibles (PDF p. 7-9)
Le modèle européen ne suffit pas : encore faut-il que la monarchie française puisse identifier des terres à assécher. Morera ne connaît, pour la période antérieure à l'édit de 1599, aucune enquête générale permettant de mesurer systématiquement ce potentiel ; il signale seulement la lettre de Scalyger. Les estimations se multiplient ensuite. Dans les années 1610, l'entrepreneur Bradley affirme dans une lettre à la Régente qu'il existe plus d'un million d'arpents de marais susceptibles d'être asséchés dans le royaume. Cette déclaration participe d'une démarche de persuasion visant à obtenir un soutien accru.
Dans les archives du chancelier Séguier, un document des années 1630 récapitule les principales superficies convoitées dans le domaine royal. Le tableau publié par Morera chiffre à 380 400 arpents, soit 129 336 hectares, le potentiel identifié. Le Poitou domine très nettement avec 40 256 hectares, suivi de la Normandie (20 400), de la Provence (17 000), de la Bretagne (13 600), de l'Aunis (10 540) et de la Guyenne (8 160). Le tableau cite également le Languedoc, le Dauphiné, la Picardie, le Gâtinais, le Berry et l'Auvergne. Il s'agit de terres convoitées et recensées comme susceptibles d'être asséchées, non d'un bilan de surfaces effectivement drainées.
La taille de cet ensemble alimente l'idée d'une réserve foncière transformable et appropriable. Morera fait cependant apparaître le problème de cette qualification : des zones déclarées disponibles ne sont pas nécessairement inhabitées, ni inutiles, ni inexploitées. Son étude de neuf sites met en évidence une exploitation extensive, fréquemment organisée à partir des bordures, dans laquelle la pêche occupe une place structurante. L'auteur juge par ailleurs les investissements productifs de grande ampleur insuffisants, particulièrement dans certains grands marais, à la veille des opérations modernes. La suite du chapitre détaille ce contraste entre utilité locale ancienne et ambitions de conversion agricole.
Des territoires utiles (PDF p. 9-15)
La pêche, la pisciculture, la chasse, la cueillette des roseaux, la collecte de matières végétales, les prairies et le pâturage constituent des activités souvent indispensables à l'économie des sociétés riveraines. Dès le Moyen Âge, des étangs ont été créés ou aménagés pour élever des poissons, notamment la carpe. La valeur des zones humides dépend alors d'un système d'usages complémentaires, distinct d'une céréaliculture intensive. Les ressources peuvent être affermées et produire des recettes régulières sans mobiliser de lourds capitaux.
Les statuts juridiques sont variés. Les marais appartiennent parfois à la directe ou à la censive seigneuriale ; ailleurs, ils forment des alleux, des biens de ville ou des possessions monastiques. Même soumis à des droits de propriété, ils supportent très souvent des usages collectifs : pêche, prélèvement de végétaux et circulation des riverains. La géographie mouvante et les difficultés de bornage rendent la surveillance imparfaite. Morera insiste sur leur rôle de réserve adaptable : selon les périodes, les mêmes surfaces sont laissées à l'eau, consacrées au pâturage ou transformées en terres plus intensément exploitées.
Au marais Vernier, dans un ancien méandre de la Seine, la Grand Mare est au centre d'un système ancien de pêche. Un réseau de fossés permet le renouvellement des eaux. En 1365, Robert de Bézu obtient des religieux de Jumièges l'autorisation de creuser quatre fossés pour relier la Grand Mare à la Seine. L'entretien de ce milieu humide procède ainsi de sa rentabilité halieutique. Les roseaux, les oiseaux sauvages et les prairies participent également à son économie, malgré la vulnérabilité du site aux crues et aux marées.
Dans les marais d'Arles, l'abbaye de Montmajour exerce des droits de pêche anciens, exploités directement ou affermés. Les activités associent pêche, chasse d'eau, récolte de sagne, de pabel, d'osier et d'autres végétaux, ainsi que pâturage dans les terrains moins submersibles. La pêcherie de Barbegal, exploitée par les Trinitaires d'Arles depuis au moins le XIVe siècle, occupe 39 hectares. Sa rente monétaire est modeste, mais les livraisons en nature sont importantes : les baux qui précisent les redevances ne prévoient jamais moins de cent anguilles par an. Lorsque l'étang est converti en terres arables ou en prairie, le bail de 1653 fait apparaître une nouvelle forme de rémunération, portée à 200 livres tournois. La ville d'Arles protège par ailleurs judiciairement les revenus de ses étangs contre les pêcheurs de communautés voisines, notamment ceux d'Istres.
Le lac de Sarliève, au pied de Gergovie, près de Clermont-Ferrand, montre la coexistence de droits monastiques, seigneuriaux et communautaires. Ancienne cuvette d'environ 5 km² drainant 28,80 km² de bassin-versant, il produit roseaux et poissons. Les Prémontrés de Saint-André de Clermont y détiennent des intérêts importants, mais les communautés et seigneurs ruraux contestent ou renforcent leurs propres droits. Des baux et reconnaissances de rente des années 1594, 1604, 1612 et 1614 documentent une exploitation par des pêcheurs, petits fermiers et intermédiaires. Morera signale même la fabrication de faux documents par les religieux pour défendre leurs prétentions. Le paiement promis par les futurs dessiccateurs peut séduire des ayants droit lorsque les anciens fermiers ne règlent plus leurs redevances.
L'étang de Capestang appartient à un autre système. Sa cuvette, à une vingtaine de kilomètres du littoral, est alimentée par son bassin-versant et par les crues de l'Aude. Les déplacements du fleuve, la formation de bourrelets alluviaux et l'élévation du delta ont contribué à enfermer les eaux. Le chapitre cite un rapport de 1843 faisant état d'une élévation de plus de deux mètres du delta entre 1700 et 1800. Des salines ont subsisté jusqu'à l'intervention des dessiccateurs modernes. Morera distingue donc une histoire particulière, fortement commandée par les déplacements du fleuve et l'évolution des sédiments.
Enfin, la palu de Bordeaux démontre que les marais urbains peuvent combiner exploitation intensive de leurs marges et maintien d'un cœur humide. Une grande partie possède au Moyen Âge le statut de paduen de la vila, c'est-à-dire un bien communal, et les jurats surveillent les cours d'eau. Suivant les travaux de Sandrine Lavaud, Morera distingue les vignes sur le bourrelet alluvial, les prés aménagés dans les parties appropriées au pâturage et les terres plus durablement marécageuses, dont une portion correspond à l'actuelle réserve naturelle de Bruges. Dès la fin du Moyen Âge, plus de la moitié des marais bordelais seraient mis en culture, selon le texte. Il ne faut pas confondre cette proportion avec l'assèchement complet des terrains.
Une enquête de 1600 signale dans les parties basses des roseaux et des joncs. Des barreaux, prés provisoirement enclos et drainés, sont entourés de canaux et de percintes ou levées. L'économie du vin justifie en partie la persistance des terres humides : joncs et aubiers servent à l'entretien des vignes, dont le développement accompagne le commerce avec l'Angleterre depuis le XIIIe siècle. Les prés accueillent le bétail destiné à la consommation urbaine. Le cardinal de Sourdis évoque en 1619 les revenus de la fenaison ; la pêche procure elle aussi des ressources. En 1647, le règlement du syndicat de Bordeaux et Bruges dénonce des interventions d'inconnus favorisant l'entrée de l'eau fluviale et du poisson. La configuration locale révèle donc des complémentarités économiques plutôt qu'une simple opposition entre terre utile et marais négligé.
Des natures construites (PDF p. 15-20)
Les zones humides ne sont pas des milieux restés intacts jusqu'à l'arrivée des ingénieurs modernes. Morera montre comment leurs marges sont aménagées de longue date, et comment ces interventions finissent par participer aux formes mêmes des paysages. Au marais Vernier, les oscillations anciennes de la Seine, les marées, les sédiments et les débordements façonnent un espace changeant. À partir du XIIe siècle, les habitants aménagent des courtils, longues parcelles rayonnant vers le cœur humide, consacrées surtout au maraîchage et à l'élevage. Les terrains tourbeux affaissés par le drainage doivent être régulièrement surélevés avec de la matière prélevée dans le marais. Celui-ci fournit donc les matériaux nécessaires à l'entretien de ses propres marges exploitées.
Dans la région de Rochefort, les marais de Tonnay-Charente et de Muron possèdent des aménagements plus anciens qu'on ne pourrait le croire. Les fouilles de La Challonnière révèlent des fossés médiévaux, certains organisés en réseaux orthogonaux, desservant notamment des parcelles de 450 et 510 m². Ces aménagements progressent depuis les bordures du marais. Morera distingue un autre épisode au XIVe siècle : l'ouverture d'un canal près du gué de Charrau vise surtout à faciliter la navigation et le transport du vin charentais vers la Charente. En 1331, des seigneurs obtiennent une autorisation royale ; après des oppositions économiques et stratégiques, Philippe VI met fin au programme en 1345. Le drainage réalisé n'est ici qu'un effet d'un projet de navigation, non son objet agricole principal.
À Sacy-le-Grand, en Picardie, la présence d'un moulin documenté entre les XIVe et XVIIe siècles atteste une infrastructure hydraulique dans une zone dont la richesse repose sur la pêche et les roseaux. En 1606, sa concession comprend des redevances en argent, céréales et vingt-cinq anguilles, signe de l'association du moulin avec une pêcherie. Le terrain, déprimé par le drainage et l'extraction de tourbe, a changé d'aspect depuis l'époque étudiée. L'auteur ne prétend donc pas reconstituer sans réserve la configuration ancienne à partir du paysage contemporain.
Les marais de Lesparre, sur la rive gauche de l'estuaire de la Gironde, font exception à cette documentation riche sur les aménagements. Morera en décrit surtout les structures géographiques : marais internes, Passe Castillonnaise, marais externes et mattes récemment gagnées sur l'estuaire. Les dépôts successifs de la Gironde produisent des atterrissements dont l'altitude diffère selon l'ancienneté. Mais cette tripartition moderne ne décrit pas fidèlement l'état du site au début du XVIIe siècle : les conquêtes des XVIIIe et XIXe siècles ont décalé le trait d'eau et enclavé les marais de Lesparre. Une étude de 1860 sur Saint-Vivien illustre le caractère relativement tardif de certaines prises de terres.
Le site de Lesparre bénéficie de protections partielles : une butte calcaire vers Lesparre et Couquèques, un cordon sableux et une élévation près de Jau-Dignac, atteignant environ cinq mètres, peuvent freiner les eaux estuariennes. Des passages restent néanmoins possibles : des secteurs situés à moins de deux mètres d'altitude peuvent permettre la propagation de fortes marées et de crues. Morera ajoute que les marais extérieurs étaient vraisemblablement moins élevés au début du XVIIe siècle. Il conclut avec prudence que, faute de documentation suffisante, on ne peut décrire pour Lesparre le même héritage d'aménagements périphériques que dans les autres cas.
L'échec des gouvernances traditionnelles : des formes de régulations anciennes (PDF p. 20-24)
Après avoir montré l'utilité et l'ancienneté des aménagements, Morera formule une question nouvelle : pourquoi les dessiccateurs modernes doivent-ils réinvestir et parfois refaire des travaux déjà réalisés au Moyen Âge ? Il retient particulièrement le Petit-Poitou et Arles, deux espaces dotés de réseaux hydrauliques importants, mais où les dispositifs de régulation se fragilisent. Leur histoire permet de séparer la maîtrise technique, qui n'était pas absente au Moyen Âge, de la capacité durable à entretenir un système collectif.
Dans le Petit-Poitou, les premières grandes opérations remontent aux années 1180-1283. Six abbayes cisterciennes — Grâce-Dieu, Grâce-Notre-Dame-de-Charron, Saint-Léonard-des-Chaumes, Moreilles, Trizay et Bois-Grolland — coopèrent avec des seigneurs laïcs. Leur technique du clos asséché repose sur une succession d'ouvrages hiérarchisés. Un canal périphérique ou clausura, une levée ou bot, un fossé intérieur dit contrebot et des fossés parcellaires ou fossatum recueillent les eaux ; des écluses permettent de les évacuer lorsque la marée est favorable. Jean-Luc Sarrazin estime à trente kilomètres la longueur des fossés réalisés pour la seule abbaye de Moreilles.
La compétence hydraulique est réelle, mais la logique territoriale reste celle de domaines juxtaposés qui se protègent chacun des eaux du voisin. Des conflits apparaissent, obligeant à négocier des ouvrages communs. L'achenal des Cinq-Abbés naît ainsi d'un compromis entre plusieurs établissements. Les réalisations médiévales structurent durablement les marais : Morera cite les achenaux du Bot-de-Vendée, de la Grenetière, du Bot-Neuf et la continuité d'ouvrages repris ou conservés à l'époque moderne. Il distingue la juxtaposition ancienne de clos et l'ambition moderne de vastes propriétés unifiées.
À Arles, le problème s'étend sur un bassin d'écoulement plus large. Les eaux viennent de la plaine de Tarascon, de la Durance, du Rhône et des versants proches : les aménagements de l'aval doivent respecter l'écoulement provenant de l'amont. La gestion de l'eau est donc à la fois affaire d'ingénierie et affaire de droit coutumier. Dès 1200, des levadiers, élus par les propriétaires, entretiennent les chaussées bordant le Rhône et répartissent les contributions. Les communautés religieuses, le comte de Provence et la ville interviennent à leur tour dans des projets de drainage. En 1232, Raymond Bérenger V autorise la dérivation de la Durançole, à l'origine du canal du Vigueirat ; une concession comparable est accordée aux Templiers en 1244.
À mesure que les ouvrages se multiplient, les droits et les intérêts se concurrencent. Ainsi, en 1428, des pêcheurs cherchent à réintroduire les eaux du Rhône vers les marais de Coronel. En 1542, la ville crée une société de vidange regroupant des propriétaires chargés de gérer fossés et canaux, chaque quartier étant représenté par un intendant ; son action demeure limitée. Les négociations avec Tarascon, Saint-Rémy et les communes voisines s'étendent du XVe au XVIe siècle. Un accord de 1517 fixe des gabarits de canaux de drainage jusqu'à la mer. Ces institutions et conventions prouvent que les communautés avaient organisé le paysage hydraulique bien avant l'arrivée des entrepreneurs de la première modernité.
Les enquêtes du début du XVIIe siècle repèrent encore de nombreux ouvrages anciens, notamment dans le Trébon et le Plan du Bourg. Les canaux sont pourtant partiellement obstrués ou comblés : la difficulté n'est pas seulement de savoir créer un système, mais de maintenir des formes de coopération assez stables et des financements suffisants pour le conserver en état de fonctionnement.
Les guerres du XVIe siècle (PDF p. 24-25)
Le chapitre distingue les crises nées des guerres de l'épuisement progressif des institutions d'entretien. Dans le marais poitevin, la crise économique a déjà affaibli les aménagements lorsque s'ouvrent les guerres de Religion. En 1568-1569, des établissements religieux sont pillés et endommagés ; les digues sont détruites pour permettre l'irruption des eaux. Les affrontements se prolongent jusqu'aux années 1620, avec une reprise des combats autour de La Rochelle, de Marans, de Luçon et de Maillezais. Les abbayes, acteurs majeurs de l'ancien drainage, perdent une partie de leur capacité d'entretien. Le milieu devient à la fois obstacle militaire, refuge et espace transformé par les combats.
En Basse-Provence, les campagnes du XVIe siècle puis les affrontements confessionnels jusqu'à la paix d'Alès de 1629 contribuent eux aussi aux désordres démographiques et aux difficultés d'entretien. Morera ne les présente cependant pas comme une cause suffisante du mauvais état des marais d'Arles : les concurrences locales continuent même en dehors des phases de guerre ouverte. Cette distinction prépare l'analyse des arbitrages financiers du bas Rhône.
Les ravages de l'esprit de clocher (PDF p. 25-29)
Les désaccords entre Arles et les territoires voisins illustrent l'incapacité des institutions traditionnelles à répartir durablement coûts, responsabilités et bénéfices. Une commission convoquée en 1558, à laquelle participe Adam de Craponne, rend un rapport en 1564 et un jugement en 1566. De nouveaux compromis sont passés entre Arles et Tarascon en 1587-1588 ; une commission de 1597 exige l'achèvement de travaux sous quatre ans, sous peine d'une amende de 6 000 livres. Mais l'accumulation des accords ne se traduit pas par une restauration satisfaisante des réseaux.
En 1601, les experts distinguent dans la plaine de Tarascon 1 436 sétérées constamment couvertes d'eau et 1 294 sétérées marécageuses ou exposées à l'inondation. Dans la vallée des Baux, ils ajoutent respectivement 2 155 et 286 sétérées. Les mesures ne doivent pas être confondues avec des hectares : le texte conserve l'unité des documents étudiés. Les commissaires traversent en bateau des espaces auparavant desservis par voie terrestre ; dans le Plan du Bourg, le canal de la Lagarèse est tellement envahi de roseaux qu'il devient difficilement praticable malgré une hauteur d'eau d'environ 1,25 à 1,5 m.
L'enquête démontre pourtant le savoir-faire technique des experts. Ils identifient les obstacles, organisent les canaux selon les volumes croissants d'eau d'amont vers l'aval, conservent des bassins de retenue utiles lors des vents marins ou des grandes eaux, et ménagent les ouvrages de protection du Rhône. Le désaccord porte essentiellement sur les dépenses. Le projet de 1601 fait reposer environ les deux tiers du financement sur Saint-Rémy, Maillane et Tarascon ; Tarascon supporterait à elle seule environ un tiers, quand Arles paierait moins de 10 %. L'auteur considère que cette asymétrie explique en partie l'inapplication des décisions.
Les conventions successives reprennent le même conflit. En 1617, Arles accepte de financer un sixième des travaux ; en août 1619, elle doit verser 2 995 livres 8 sous 6 deniers à Tarascon pour rembourser des frais et indemniser des ouvrages. Une transaction du 9 octobre 1619 remplace ensuite le partage complexe des charges par un versement forfaitaire de 28 000 livres de Tarascon à Arles, cette dernière prenant à sa charge l'entretien des canaux concernés. D'autres ouvrages restent sous la responsabilité de Tarascon ou de Saint-Rémy. La gestion concertée voulue en 1601 cède ainsi devant une répartition territoriale plus stricte des obligations.
Ce retrait sur les intérêts propres à chaque communauté ne résout pas le conflit des eaux. Arles tente aussi d'obtenir des contributions des habitants de la vallée des Baux, de Castillon, de Mouriès et de Joyeuse-Garde. Ceux-ci refusent de payer pour des aménagements jugés principalement favorables au territoire arlésien et contestent la responsabilité qu'on veut leur attribuer. Les travaux ont pourtant été partiellement entrepris : des témoins indiquent que la roubine du Vigueirat existait depuis longtemps et qu'elle avait récemment été élargie. En 1624, de vastes parties des marais restent néanmoins inondées. La dernière démonstration de Morera ne repose donc pas sur une prétendue ignorance technique des acteurs locaux, mais sur l'impossibilité d'entretenir ensemble des équipements coûteux dans un contexte de défiance et de répartition contestée des charges.
Fin du chapitre : bilan et hypothèse politique (PDF p. 29-30)
Dans le passage final, séparé du développement par un astérisque, Morera réunit les facteurs favorables à l'émergence d'une politique monarchique des assèchements. Le dynamisme vénitien et néerlandais, la croissance démographique, les terres potentiellement convertibles et la détérioration de certaines infrastructures françaises constituent un terrain favorable. Il rappelle que les marais français n'étaient pas abandonnés : leurs pêcheries, leurs usages pastoraux et leur cueillette donnaient lieu à une gestion souvent soigneuse. Les convertisseurs agricoles leur attribuaient néanmoins une productivité inférieure à celle de cultures céréalières plus intensives.
L'auteur ajoute une interprétation d'ordre social et foncier. Les opérations hollandaises et italiennes ont également favorisé la prise de contrôle de terres par des élites urbaines capables d'engager des capitaux. En France, les intérêts dans les marais sont souvent détenus par des noblesses locales et intégrés aux pratiques paysannes. Sous Henri IV, une aristocratie plus récente, proche de la finance et du pouvoir central, gagne en influence. Morera ne clôt pas le chapitre sur une démonstration définitive de son rôle ; il pose la question de savoir si les grands assèchements français doivent être compris comme une opération territoriale de cette nouvelle aristocratie, soutenue par Sully. C'est la question qui ouvre l'enquête des chapitres suivants, non un résultat à leur attribuer par anticipation.
Les idées fortes et leurs appuis
1. Le rejet des marais est aussi un discours historique
La représentation des marais comme lieux dangereux et insalubres remonte notamment aux agronomes antiques, puis est remobilisée à la Renaissance. La lettre adressée par Scalyger à Henri IV en 1597 unit cette représentation à une promesse de terres labourables et aux succès hollandais. Le discours d'assèchement est ainsi antérieur aux grandes opérations monarchiques et sert à les rendre souhaitables (PDF p. 1-3).
2. Une même zone humide peut être ressource, contrainte et objet de conquête
L'exemple des Pays-Bas montre qu'une partie des assèchements répond à la subsidence créée par l'extraction de tourbe. Il ne s'agit pas uniquement d'étendre les cultures, mais de reconquérir ou défendre des terrains rendus plus vulnérables. Les moulins et les digues tentent de résoudre des difficultés qui tiennent en partie à des transformations humaines antérieures (PDF p. 3-6).
3. Les grands travaux modifient le régime de propriété et de décision
Le drainage par moulin mobilise un groupe d'investisseurs responsables de la construction, de l'entretien et des digues. Le privilège concédé en 1331 à cinq entrepreneurs de Zwijndrechtse prévoit ensuite le partage des terres et l'exercice de droits seigneuriaux. À Venise, les grands propriétaires organisés en consortia financent également la bonification, tandis que des magistratures publiques veillent à certains équipements (PDF p. 5-7).
4. « Disponible » ne signifie pas « inutilisé »
Les 129 336 hectares recensés dans un document des années 1630 sont des terres que des promoteurs espèrent transformer. Or Morera décrit une gamme dense d'usages antérieurs : poissons, roseaux, tourbe, chasse, fenaison, bétail, navigation et parfois vigne. La catégorie de surface disponible exprime donc un projet d'aménagement et ne prouve pas l'absence d'occupants, de ressources ou de droits (PDF p. 7-15).
5. Les usages collectifs coexistent avec des maîtrises foncières variées
Des marais relèvent de seigneuries, de villes, d'établissements religieux ou de propriétaires particuliers, mais sont fréquemment ouverts à des droits d'usage des communautés riveraines. À Bordeaux, une grande part de la palu bénéficie du statut de paduen de la vila. L'auteur ne réduit pas ce régime à une propriété indifférenciée : ce sont les droits, les usages et les capacités d'aménagement qui rendent chaque situation distincte (PDF p. 9-10 et 14-15).
6. Les marais « naturels » ont une histoire d'aménagement
Au marais Vernier, les courtils sont régulièrement entretenus à partir de tourbe prélevée au centre du marais. À Rochefort, l'archéologie révèle des fossés et des parcelles drainées au Moyen Âge. À Sacy-le-Grand, un moulin associé à la pêche atteste un équipement ancien. Les paysages observables plus tard résultent donc d'une succession d'interventions et de transformations hydrologiques (PDF p. 15-19).
7. Une maîtrise technique ancienne n'assure pas la permanence des réseaux
Le clos asséché du Petit-Poitou, avec ses canaux, levées et écluses, constitue un système élaboré dès les XIIe et XIIIe siècles. À Arles, l'organisation des levadiers, les sociétés de propriétaires et les accords territoriaux sont également anciens. Les ouvrages sont pourtant susceptibles de se dégrader quand les ressources, les institutions ou la coopération ne permettent plus leur entretien (PDF p. 20-24).
8. Les guerres et les conflits de financement fragilisent les systèmes hydrauliques
Les guerres de Religion affaiblissent les abbayes qui entretiennent les marais poitevins et entraînent parfois la destruction volontaire de digues. À Arles, le conflit financier entre communes empêche l'application des arbitrages, bien que la compétence des experts locaux soit reconnue. Les transactions de 1601 et 1619 révèlent une coopération inaboutie, non une absence d'infrastructures (PDF p. 24-29).
9. Le chapitre aboutit à une interrogation sur la maîtrise foncière
Morera rapproche les investissements des patriciats hollandais et italiens de l'ascension française d'une aristocratie liée à la finance et au pouvoir royal. Les assèchements pourraient constituer une opération de prise de contrôle territorial de cette nouvelle élite. L'auteur formule cette perspective comme une question finale, que le chapitre ne suffit pas à trancher à lui seul (PDF p. 29-30).
Données et chiffres à retenir
Les chiffres ci-dessous conservent les périmètres et dates indiqués par Morera. Les estimations ne sont pas directement comparables entre régions et périodes lorsqu'elles répondent à des objets différents.
Europe : surfaces et population
| Donnée | Valeur et unité | Contexte / territoire | Page PDF |
|---|---|---|---|
| Terres gagnées sur les eaux | 122 169 ha | Nord de l'Escaut, 1540-1640 | 6 |
| Dont lacs intérieurs | 31 528 ha | Sous-total de la ligne précédente | 6 |
| Dont terres côtières | 90 641 ha | Sous-total de la même estimation | 6 |
| Population estimée | 900 000 à 1 850 000 habitants | Pays-Bas, 1500-1650 ; estimation basse citée | 6 |
| Terres asséchées | Environ 77 000 ha | République de Venise, XVIe siècle | 6 |
| Terres bonifiées | Environ 40 000 ha | Frise orientale et Schleswig-Holstein, XVIe-XVIIe siècles | 7 |
| Superficie d'assèchement citée | 700 000 acres | Fens, Angleterre, XVIIe siècle | 7 |
France : terres convoitées selon une estimation des années 1630
| Province de la source | Surface en arpents | Surface en hectares | Page PDF |
|---|---|---|---|
| Poitou | 118 400 | 40 256 | 8 |
| Guyenne | 24 000 | 8 160 | 8 |
| Aunis | 31 000 | 10 540 | 8 |
| Languedoc | 21 000 | 7 140 | 8 |
| Provence | 50 000 | 17 000 | 8 |
| Normandie | 60 000 | 20 400 | 8 |
| Bretagne | 40 000 | 13 600 | 8 |
| Dauphiné | 15 000 | 5 100 | 8 |
| Picardie | 8 000 | 2 720 | 9 |
| Gâtinais | 7 000 | 2 380 | 9 |
| Berry | 4 000 | 1 360 | 9 |
| Auvergne | 2 000 | 680 | 9 |
| Total | 380 400 | 129 336 | 8-9 |
Source du tableau 1 : BnF, Ms. Fr. 17 342, fol. 396, « Pour le desseichement des Marais en Poitou », reproduit par Morera. Les valeurs sont des superficies convoitées et non un recensement d'assèchements achevés.
Localisation et surfaces indiquées sur la carte du chapitre
| Site de la figure 1 | Superficie indiquée | Couleur de la légende | Page PDF |
|---|---|---|---|
| Marais Vernier | 1 500 ha | Gris : 1599-années 1630 | 1 |
| Petit-Poitou | 1 500 ha | Noir : années 1640 | 1 |
| Tonnay-Charente | 5 200 ha | Gris : 1599-années 1630 | 1 |
| Lesparre-Médoc | 2 300 ha | Gris : 1599-années 1630 | 1 |
| Bordeaux | 1 600 ha | Gris : 1599-années 1630 | 1 |
| Sarliève | 950 ha | Gris : 1599-années 1630 | 1 |
| Capestang | 1 100 ha | Gris : 1599-années 1630 | 1 |
| Sacy-le-Grand | 900 ha | Gris : 1599-années 1630 | 1 |
| Arles | Entre 5 000 et 11 000 ha | Noir : années 1640 | 1 |
Il s'agit des superficies inscrites sur la figure 1 et attribuées aux ensembles d'assèchement cartographiés ; elles ne doivent pas être confondues sans vérification avec les superficies naturelles des lacs ou des marais considérés dans d'autres passages du chapitre. Ainsi, le texte décrit les marais de Sacy-le-Grand comme s'étendant sur 1 394 hectares (PDF p. 18), alors que la carte mentionne 900 hectares (PDF p. 1). La légende de la carte distingue les opérations de 1599 aux années 1630 et celles des années 1640 ; les figures chiffrées ne correspondent donc pas au grand inventaire des marais convoités des années 1630 donné plus haut.
Sites, usages et travaux : autres ordres de grandeur
| Donnée | Valeur et unité | Contexte / territoire | Page PDF |
|---|---|---|---|
| Pêcherie de Barbegal | 39 ha | Domaine des Trinitaires d'Arles | 11 |
| Livraison en nature | Au moins 100 anguilles/an | Baux de pêche de Barbegal précisant la redevance | 11 |
| Compensation en 1653 | 200 livres tournois | Transformation de la pêcherie en terre ou pré | 12 |
| Cuvette de l'ancien lac | Environ 5 km² | Sarliève, près de Clermont-Ferrand | 12 |
| Bassin-versant | 28,80 km² | Sarliève | 12 |
| Part de marais déjà mis en culture | Plus de la moitié | Palu de Bordeaux, fin du Moyen Âge | 14 |
| Îlots et parties basses | Plus de 20 m / environ 2 m | Marais de Rochefort, altitudes locales distinctes | 17 |
| Parcelles drainées fouillées | 450 et 510 m² | La Challonnière, marais de Rochefort | 17 |
| Longueur de fossés citée | 30 km | Abbaye de Moreilles, Petit-Poitou | 21 |
| Marais de Sacy-le-Grand | 1 394 ha | Surface décrite du site | 18 |
| Marais de Lesparre | Environ 10 km de l'estuaire | Localisation relative indiquée | 19 |
| Butte naturelle de protection | Jusqu'à environ 5 m | Secteur de Jau-Dignac, Bas-Médoc | 20 |
| Terres continuellement sous eau | 1 436 sétérées | Plaine de Tarascon, enquête de 1601 | 25 |
| Terres exposées aux eaux | 1 294 sétérées | Plaine de Tarascon, enquête de 1601 | 25 |
| Paiement forfaitaire | 28 000 livres tournois | Tarascon à Arles, transaction d'octobre 1619 | 27 |
Conclusion de l'auteur
Le chapitre comporte une conclusion identifiable à partir d'un astérisque en PDF p. 29, prolongée p. 30, mais sans le titre formel « Conclusion ». Morera y rappelle que les exemples européens ont offert à la monarchie française des modèles puissants de bonification. Il rattache les entreprises néerlandaises et vénitiennes à l'accroissement de la production agricole, au dynamisme démographique, aux structures commerciales et, pour les Provinces-Unies, à un contexte de puissance politique et militaire.
La présence de vastes marais français rend la politique royale plausible. L'auteur souligne en même temps qu'il ne s'agit pas de terres sans usage : leurs ressources anciennes étaient exploitées et pouvaient justifier leur conservation. Leur rentabilité semblait néanmoins limitée comparée aux perspectives de culture céréalière, tandis que certains grands réseaux médiévaux ne fonctionnaient plus. Les guerres de Religion ont participé à leur dégradation ; dans la basse vallée du Rhône, les divisions entre communautés ont aussi empêché des restaurations collectives durables.
La dernière proposition prend la forme d'une interrogation : puisque les assèchements hollandais et italiens ont accompagné l'appropriation foncière par des élites urbaines, la politique française pourrait-elle avoir profité à une nouvelle aristocratie, issue d'un milieu financier et bénéficiant des appuis du pouvoir royal et de Sully ? C'est une question posée par Morera à la fin de ce premier chapitre, pas une thèse définitivement établie par le seul extrait.
FAQ : QUESTIONS & RÉPONSES
Pourquoi les marais étaient-ils déclarés malsains ?
Morera retrace une tradition remontant aux agronomes antiques : les eaux stagnantes y sont associées aux vapeurs nocives, aux insectes et aux maladies. Ce discours est réactivé à la Renaissance et contribue à légitimer l'assèchement auprès des élites. Le chapitre analyse la formation et les usages de cette représentation ; il ne propose pas une expertise médicale moderne des maladies liées aux milieux humides (PDF p. 1-3).
Qu'est-ce qu'un « dessiccateur » dans ce chapitre ?
Le terme désigne les acteurs qui conduisent les assèchements, notamment les entrepreneurs et investisseurs soutenant le drainage, l'endiguement et la conversion agricole. Il ne s'agit pas uniquement de techniciens : l'organisation financière, les privilèges et les rapports fonciers font partie du processus décrit (PDF p. 2-7 et 29-30).
Pourquoi les Hollandais ont-ils dû installer des moulins pour évacuer l'eau ?
L'extraction de la tourbe et le drainage avaient contribué à l'enfoncement de terrains devenus plus bas que leurs exutoires. L'eau ne pouvait plus s'écouler naturellement par gravité. Des moulins étaient nécessaires pour l'élever jusqu'à des canaux, mais ils exigeaient un réseau de fossés, des digues et un entretien collectif ou coordonné (PDF p. 4-5).
La France avait-elle 129 336 hectares de marais déjà asséchés dans les années 1630 ?
Non. Le nombre provient d'un tableau de marais convoités pour de futurs travaux. La somme englobe plusieurs provinces et ne mesure pas des travaux réalisés. Elle n'est pas davantage une estimation des seuls terrains de Gironde (PDF p. 8-9).
En quoi un marais pouvait-il être rentable sans culture céréalière ?
Les poissons et les anguilles procuraient des livraisons en nature et des fermages ; les roseaux servaient à différents travaux ; les oiseaux et le gibier étaient chassés ; les prairies accueillaient le bétail. À Barbegal, les Trinitaires percevaient notamment des anguilles, tandis qu'à Bordeaux l'entretien des vignes dépendait aussi de végétaux produits dans les zones humides (PDF p. 9-15).
Qu'était le « paduen de la vila » mentionné à Bordeaux ?
Morera présente ce terme comme un statut de biens communaux applicable à la majeure partie de la palu bordelaise au Moyen Âge. Les jurats veillaient à l'entretien des cours d'eau. Le chapitre ne précise pas tous les détails des droits individuels et collectifs ; il ne faut donc pas en déduire un statut identique dans toutes les communes de Guyenne (PDF p. 14).
Pourquoi les prés et les joncs pouvaient-ils être utiles à une ville viticole ?
Dans la palu de Bordeaux, les plantes des milieux humides, notamment joncs et aubiers, participaient à l'entretien des vignes, alors que les prairies soutenaient l'élevage de bétail destiné à la consommation bordelaise. Le milieu humide n'était donc pas séparé de l'économie urbaine du vin ; il lui fournissait des ressources complémentaires (PDF p. 14-15).
Que sont les mattes du Bas-Médoc ?
Le chapitre désigne par ce terme des terres récemment prises sur les eaux de la Gironde. Les atterrissements successifs peuvent produire des terrains de hauteur variable. Les marais dits internes de Lesparre sont distingués des marais externes, mais Morera souligne que ce découpage rend surtout compte d'une situation postérieure aux grands gains de terres des XVIIIe et XIXe siècles (PDF p. 19-20 et note 62).
Le chapitre établit-il comment les habitants de Lesparre exploitaient leurs marais au Moyen Âge ?
Pas de manière détaillée. Morera explique expressément que la documentation fait largement défaut pour Lesparre. Il développe surtout la géographie des reliefs, des atterrissements et des communications possibles avec l'estuaire. L'étude des droits locaux de pêche, de pacage ou de propriété reste donc hors du périmètre effectivement documenté (PDF p. 19-20).
Qu'est-ce qu'un « clos asséché » dans le Petit-Poitou ?
C'est un ensemble de parcelles protégées et drainées grâce à des levées, des fossés parcellaires, un contrebot et un canal périphérique, reliés à des exutoires équipés d'écluses. Dès le XIIIe siècle, des abbayes cisterciennes coordonnent la construction de ces réseaux. La juxtaposition d'enclos protège chaque domaine, mais peut aussi créer des conflits entre voisins (PDF p. 20-22).
Pourquoi les grands canaux d'Arles se sont-ils dégradés malgré les compétences locales ?
Les enquêtes d'experts attestent la connaissance des problèmes hydrauliques et des travaux nécessaires. Le principal obstacle vient de la difficulté à répartir les coûts et à faire respecter des décisions communes entre Arles, Tarascon, Saint-Rémy et d'autres communautés. Les années de guerre ont aggravé une situation déjà traversée par les rivalités de gestion (PDF p. 22-29).
L'auteur affirme-t-il dès ce chapitre que les assèchements sont une confiscation des terres ?
Non sous la forme d'une démonstration achevée. Il montre que les projets européens ont souvent favorisé des investisseurs et des élites propriétaires, puis pose la question d'une opération foncière analogue dans la France d'Henri IV. L'hypothèse finale appelle l'examen de l'action monarchique et des dessiccateurs dans le reste de l'ouvrage (PDF p. 29-30).
Référence bibliographique et pagination
MORERA, Raphaël, « Chapitre I. Les marais, espaces convoités », dans L'assèchement des marais en France au XVIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2011, p. 17-50. DOI du chapitre : 10.4000/books.pur.111465 ↗ Nouvel onglet. ISBN de l'ouvrage imprimé : 978-2-7535-1466-9.
L'identification de l'auteur, du titre du livre et de l'édition est confirmée par les notices éditoriale et bibliographique. Le fichier utilisateur, composé de 36 pages, représente le chapitre I seulement et ses notes, pas l'intégralité des 265 pages et planches de l'ouvrage. Il affiche le titre du chapitre et l'intervalle imprimé p. 17-50, mais ses pages résultent d'une mise en page numérique distincte. Toutes les références « PDF p. » de cette fiche sont celles du fichier joint. Les notes du chapitre occupent les dernières pages de ce PDF ; il n'a pas été supposé que les numéros de pages de l'édition papier se superposent à ceux de cette impression.
Les illustrations 2 à 4 et les graphiques 1 et 2 sont annoncés par leurs légendes dans cette version, mais leurs contenus graphiques ne sont pas présents de manière exploitable dans le PDF. La carte des assèchements en France de la première page est en revanche réellement présente.
Où consulter ce document : références institutionnelles
OpenEdition Books / Presses universitaires de Rennes — chapitre I ↗ Nouvel onglet : adresse du chapitre identifiée par son DOI ; l'accès automatisé à cette page est actuellement soumis à une vérification anti-robot. Le contenu de la fiche a été rédigé à partir du PDF fourni, non reconstitué depuis cette page.
Presses universitaires de Rennes — L'assèchement des marais ↗ Nouvel onglet : fiche de l'éditeur, ouvrage de Raphaël Morera, édition de 2011, collection « Histoire », ISBN imprimé 978-2-7535-1466-9 ; notice et renseignements éditoriaux, non copie intégrale du chapitre.
BnF, Catalogue général — notice bibliographique de l'édition imprimée ↗ Nouvel onglet : notice de l'ouvrage exact, imprimé à Rennes en 2011, avec ISBN et exemplaires conservés à la BnF. Il s'agit d'une notice et de localisations, pas d'une numérisation libre du livre.
Bibliographie de l'histoire de France / PSL — notice de l'ouvrage ↗ Nouvel onglet : référencement scientifique de l'édition de 2011, correspondant au même titre et ISBN.
Illustrations jointes
images/fig-01-carte-assechements-france.png — Carte extraite de la figure 1, « Les assèchements de marais en France de 1599 aux années 1650 », montrant notamment les emplacements du Petit-Poitou, de Tonnay-Charente, du marais Vernier, de Sacy-le-Grand, de Sarliève, de Capestang, d'Arles, de Lesparre-Médoc et de Bordeaux. Source : Raphaël Morera, « Les marais, espaces convoités », PUR, 2011, figure 1 du chapitre, PDF fourni p. 1. Crédit spécifique du dessin non indiqué dans le PDF. Il s'agit de l'image effectivement incorporée à la première page du document, non d'une illustration générée.
Les autres figures et graphiques cités dans le texte ne sont pas joints, car le PDF transmis en montre les légendes mais pas l'illustration lisible elle-même.
Repères du document
| Repère | Informations |
|---|---|
| Catégorie | Histoire des Marais |
| Auteurs | Raphaël Morera |
| Date de publication | 2011 (édition originale des Presses universitaires de Rennes) |
| Type de document | Chapitre d'ouvrage scientifique |
| Langue | fr |
| Titre original | Chapitre I. Les marais, espaces convoités |
| Publication / édition | Dans L'assèchement des marais en France au XVIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, collection « Histoire », 2011 ; préface de Hervé Drévillon. |
| Période étudiée | Du Moyen Âge aux premières décennies du XVIIe siècle, avec des comparaisons européennes et quelques rappels postérieurs nécessaires à l'histoire des sites. |
| Territoires étudiés | Pays-Bas, Italie du Nord et autres régions européennes ; en France, notamment Petit-Poitou, Tonnay-Charente, marais Vernier, Sacy-le-Grand, Sarliève, Capestang, Arles, Lesparre-Médoc, Bordeaux et Bruges. |
| DOI | 10.4000/books.pur.111465 (identifiant du chapitre) |
| ISBN | 978-2-7535-1466-9 (édition imprimée de l'ouvrage) |
| Source | Chapitre dans OpenEdition Books ↗ Nouvel onglet |
| Pagination | Chapitre imprimé p. 17-50 ; fichier fourni de 36 pages PDF, comprenant le texte et les notes. Le PDF est une impression/exportation d'une page de lecture numérique : ses sauts de page ne reproduisent pas la pagination de l'édition papier. Les références précises de la présente fiche renvoient donc aux pages du PDF fourni, numérotées de 1 à 36 ; la pagination imprimée n'est certifiée ici qu'à l'échelle du chapitre (p. 17-50). |
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