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La palu de Bordeaux aux XVe et XVIe siècles — Sandrine Lavaud (2002)
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La palu de Bordeaux aux XVe et XVIe siècles — Sandrine Lavaud (2002)

LACANAUOCEAN.COM / VILLE CIBLE

Le document en 10 lignes

Au nord de Bordeaux, entre les anciens remparts et la jalle de Blanquefort, la palu était un espace de marais, de prairies et de vignes, sur la rive gauche de la Garonne. Sandrine Lavaud cherche à comprendre pourquoi cet espace humide, souvent présenté après coup comme hostile, était en réalité occupé, convoité et exploité aux XVe et XVIe siècles. Sa réponse repose sur les ressources du lieu : la fertilité du bourrelet alluvial, les vins de palu, les foins, les pacages, la pêche et les végétaux des marais. Les terrains les plus favorables sont cultivés tandis que les zones basses conservent des roseaux et des joncs.

La mise en valeur mobilise des citadins, des paysans des villages voisins, des institutions religieuses et la jurade. Les bourgeois bordelais investissent notamment dans les bourdieux viticoles ; les communautés rurales utilisent les prés et revendiquent des droits coutumiers sur les vacants. Les fossés, les levées de terre et les esteys rendent possibles ces activités mais exigent un entretien continu. En 1599, un contrat d'assèchement conclu avec Conrad Gaussen ouvre une autre phase de transformation, contestée par certains usagers. L'auteure estime que la recherche de nouvelles terres productives a probablement compté davantage dans cet assèchement que les seules préoccupations sanitaires.

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Sommaire

Gironde, Landes, Lacanau et territoires proches

La palu sur la rive gauche de la Garonne : un territoire bordelais précisément situé

L'étude concerne un secteur de la Gironde, immédiatement au nord de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne. Pour la période médiévale, la palu commence aux remparts, se prolonge jusqu'à la jalle de Blanquefort et s'appuie, à l'ouest, sur les premiers paliers de la terrasse alluviale au pied du Bouscat, de Bruges, du Vigean et de Blanquefort. L'ancien chemin de Bordeaux à Bruges suit cette limite. L'auteure indique une superficie supérieure à 3 000 hectares, une longueur de 7 kilomètres et une largeur moyenne de 4 à 5 kilomètres. Elle distingue cette définition médiévale de l'acception plus large du XVIIe siècle, qui englobe les marais de Blanquefort et de Parempuyre jusqu'à Ludon, sur environ 16 kilomètres de longueur (p. 26, PDF p. 4, note 2).

La cuvette intérieure est plus basse que la Garonne et reçoit également les eaux pluviales, celles des coteaux et celles des landes du Médoc, mentionnées ici comme région d'origine de l'écoulement. Le sous-sol tourbeux peu perméable favorise la stagnation. L'auteure relève 2,7 mètres d'écart entre le fond de la cuvette et le niveau d'étiage mesuré au pont Saint-Pierre, jusqu'à 3,75 mètres lors de grandes marées d'équinoxe. Les esteys drainent imparfaitement cet ensemble ; la marée remonte dans les plus importants d'entre eux. La richesse agricole des terres de palu exige donc de nombreux travaux de fossés et d'entretien (p. 26, PDF p. 4).

« La terre de palu est, en effet, réputée pour sa fertilité et ses récoltes abondantes. »

— Sandrine Lavaud, La palu de Bordeaux aux XVe et XVIe siècles, 2002, p. 26 (PDF p. 4).

Bordeaux, les Chartrons, Bacalan et le vignoble riverain

Au contact des remparts, près du portau d'Audeyola et des Darreys Chays, à l'emplacement de l'actuelle place des Quinconces, le vignoble occupe le bourrelet alluvial. La rive est jalonnée de chais liés aux activités d'entreposage et aux propriétaires bourgeois. Les Chartrons tirent leur nom du couvent des Chartreux installé en 1383 sur un terrain donné par Pey de Maderan. Avant l'urbanisation des XVIIe et XVIIIe siècles, l'espace comprend des vignes, des maisons, des chais et des bourdieux ; il ne correspond pas encore au quartier urbain plus tardif (p. 33, PDF p. 11).

À Pradetz, emplacement de l'actuel jardin public de Bordeaux, les dix-neuf tenures recensées sont toutes des vignes, malgré la présence des sources et d'un réseau de fossés. Vers Bacalan, de part et d'autre de l'estey Crebat, sept des dix tenures observées sont viticoles ; au Mugron, huit des onze tenures le sont. Plus au nord, à Nogueyron et à la Lamberteuga, la vigne partage le terrain avec les prés, les terres et les aubarèdes. L'estey Neu sépare globalement cette zone viticole des secteurs où dominent les prairies, même si la Jala conserve un ancien îlot de vignes attesté dès le XIIIe siècle (pp. 33-34, PDF pp. 11-12).

À Pradetz, l'exemple de Dominge Dominzac montre le travail nécessaire pour transformer une pièce viticole humide en bourdieu. En 1598, il fait apporter de la terre pour élever le terrain et protéger sa maison des débordements. En 1625, sa fille et héritière Marguerite Dominzac déclare y recueillir dix barriques de vin. Le plan historique reproduit en figure 5 est daté du 6 février 1701 : il est un témoignage postérieur à la période principale étudiée et ne doit pas être confondu avec un plan du XVe siècle (p. 39, PDF p. 17 ; figure 5, p. 38, PDF p. 16).

Bruges, Blanquefort, Eysines, Le Bouscat et Caudéran : les prés et les usages

Les prairies s'étendent dans le nord de la palu et sur les marges de la cuvette. Les dénominations las Pesetas, la Calhauenga, la Sabateyra, la Bardenaque, la Tastassa, la Virade, Cabarraus ou lo Freysse reflètent souvent le réseau des cours d'eau. La partie des marais la plus vaste se situe à hauteur de la jalle de Blanquefort, dans le secteur occupé aujourd'hui par la réserve naturelle de Bruges. Les cartes anciennes de Masse et de Belleyme, reproduites dans l'article, permettent d'observer les lieux après les transformations hydrauliques ; la figure 4 constitue une reconstitution du paysage antérieur (pp. 27-35, PDF pp. 5-13).

Les habitants de Caudéran, du Bouscat et de Villenave, liés aux droits accordés par Saint-Seurin à ses questaux, ont des usages sur les prés de Salabert. Ceux de Bruges disposent de prés à la Sabateyra, à la Bardenaque et aux Grands Prés de l'Archevêque. Les habitants d'Eysines sont présents dans ces mêmes secteurs, au Freysse et à la Jala ; ceux de Blanquefort surtout à la Tastassa. Ces droits et possessions ne se confondent pas : l'article distingue la détention de prés et l'usage coutumier des roseaux, marais et vacants (pp. 41 et 43, PDF pp. 19 et 21).

« Ces communautés revendiquent, en plus de leurs prés, un droit d'usage sur les raux et vacants de la palu. »

— Sandrine Lavaud, La palu de Bordeaux aux XVe et XVIe siècles, 2002, p. 43 (PDF p. 21).

Le 17 février 1600, après le contrat d'assèchement, les communautés protestent auprès des jurats contre Conrad Gaussen. Elles doivent présenter leurs titres sous trois jours, mais ne peuvent produire un acte écrit pour des usages fondés sur la coutume. Ce conflit montre ce que l'assèchement menace pour les populations voisines : non seulement des parcelles de prairies mais aussi l'accès à des ressources communes et à des pratiques ordinaires, dont la pêche (pp. 40 et 43-44, PDF pp. 18 et 21-22).

Les Landes, le Médoc et Lacanau : portée géographique exacte

Le texte mentionne les « landes du Médoc » parmi les origines des eaux s'écoulant vers les marais bordelais (p. 26). Il ne s'agit pas d'une étude du département des Landes ni de ses systèmes fonciers. Ni Lacanau, ni Lacanau-Océan ne sont étudiés ou cités comme cas particuliers. Les mécanismes locaux observés à Bordeaux, Bruges ou Blanquefort ne doivent donc pas être attribués directement à Lacanau.

Résumé développé suivant le plan du document

Introduction : retrouver la palu avant les grands assèchements (pp. 25-31)

Sandrine Lavaud part d'un décalage entre deux images de la palu : celle, rétrospective, d'un marais malsain ayant justifié les assèchements, et celle révélée par les actes de la fin du Moyen Âge, où les terres sont nombreuses, recherchées et grevées de droits. La description de l'abbé Baurein, rédigée bien après la période étudiée, signale des vignes, des prairies, des chais et des maisons ainsi qu'un marais bas confié en 1599 à Conrad Gaussen. Cette description aide à situer les milieux, mais l'auteure précise qu'il faut en rectifier la portée lorsqu'on remonte aux XVe et XVIe siècles.

Le territoire étudié constitue une bande alluviale entre Bordeaux et la jalle de Blanquefort. Le bourrelet longeant la Garonne s'oppose à une dépression plus basse vers l'intérieur. Les terres, très fertiles, sont soumises à la fois aux eaux arrivant de l'ouest et aux remontées de la marée par les esteys. Leur occupation agricole suppose donc des fossés, des levées et un entretien périodique ; ce n'est pas la disparition de l'humidité qui explique leur productivité, mais la manière dont les exploitants composent avec elle.

Dans l'ordre institutionnel, la jurade détient une juridiction sur la banlieue et administre certains padouens, notamment des vacants et les cours d'eau. Elle réglemente les constructions au pied de l'enceinte et intervient dans l'entretien des esteys ; un exemple est donné pour l'estey des Chartreux en 1532. Une prétendue lettre patente d'Henri VI, datée de 1423 et invoquée pour attribuer à la ville la seigneurie foncière des marais, n'a pas été retrouvée par l'auteure. Elle distingue donc l'existence de cette revendication de la preuve de l'acte. C'est néanmoins au titre de ces prétentions que la jurade conclut l'opération avec Gaussen en 1599.

Ecclésiastiquement, la palu relève de Saint-Rémi ; le chapitre Saint-Seurin en perçoit la dîme, affermée dans la seconde moitié du XVe siècle pour 202 livres 10 sous. Pour reconstruire l'espace avant l'assèchement, l'auteure confronte les archives seigneuriales, surtout religieuses, aux registres de la jurade, aux procédures liées au drainage et à des cartes postérieures. Les pièces les plus anciennes remontent à la fin du XIIIe siècle, bien que des donations antérieures soient mentionnées ailleurs dans l'article ; le corpus principal appartient aux XVe et XVIe siècles. L'année 1599 sert de terme à l'enquête, sans exclure des témoignages postérieurs utiles à la reconstitution.

Le paysage de la palu aux XVe et XVIe siècles (pp. 31-35)

La zone utile : un paysage partagé entre vignes et prés

L'auteure distingue les parties exploitées, qui représentent plus de la moitié de la palu, des terres de marais proprement dites. Le bourrelet alluvial reçoit le vignoble le plus continu ; les bords de la cuvette, plus humides, sont aménagés en prairies, tandis que le cœur de la dépression reste plus difficile à exploiter. La figure 4 rassemble les lieux restitués en différenciant vignes, prés, aubarèdes, marais et habitat (p. 32, PDF p. 10).

Dans la partie méridionale, au sortir de Bordeaux, la vigne s'étend depuis les remparts vers le quartier des Chartrons. À aus Darreys Chays, six des huit tenures examinées sont des vignes ; à lo portau d'Audeyola, les quatre tenures identifiées le sont également. Les chais riverains prolongent les entrepôts et le port. Aux Chartrons, le couvent des Chartreux donne son nom au lieu, mais la présence de vignes et de domaines ruraux précède l'aménagement du quai et de la trame urbaine modernes.

Vers l'intérieur, le vignoble touche celui des Graves. Pradetz, autour du futur jardin public, offre un exemple de mise en culture particulièrement poussée : les dix-neuf tenures recensées sont viticoles, et les fossés attestent des travaux pour maîtriser l'eau. Font Aurelh et Salabert signalent une zone de transition entre vignoble et prairies. En suivant la Garonne au nord des Chartrons, le vignoble occupe encore largement Estey Crebat et le Mugron, mais il cède progressivement de la place aux prés et aux aubarèdes autour de Nogueyron et de la Lamberteuga. L'estey Neu marque une limite importante, sans l'abolir totalement : au nord, la Jala possède un îlot viticole très ancien, attesté par des actes de 1246 et 1300 et par un encouragement à planter de la vigne en 1331.

Les prés sont répartis à la fois sur la partie septentrionale du bourrelet et sur les pentes qui bordent les marais intérieurs. Leurs nombreux lieux-dits suivent l'organisation des esteys : Calhauenga, Sabateyra, Begueyraux et Freysse structurent autant de petits ensembles. Le sud et le nord n'ont donc pas une vocation agricole uniforme, et la carte proposée par l'auteure reste une restitution à partir d'informations fragmentaires, surtout pour la dépression centrale (pp. 33-34).

Les marais : îlots, roseaux et parcelles partiellement mises en valeur

Les marais ne sont pas décrits comme une vaste étendue d'eau continue. Ils subsistent en zones basses, surtout vers la jalle de Blanquefort et l'actuelle réserve naturelle de Bruges. L'auteure s'appuie sur un mémoire de Sainte-Croix et sur une expertise ordonnée par le parlement de Bordeaux le 1er juin 1601, après la convention d'assèchement. Cette expertise distingue des zones à grands roseaux, des secteurs à joncs moins élevés et des barraux fossoyés, entourés de levées de terre plantées d'aubiers.

Les barraux sont des prés enclos et partiellement aménagés, mais pas nécessairement des parcelles sèches ou durablement productives : l'eau, les roseaux et les joncs peuvent y revenir. La différence entre un marais brut et un pré exploité est ainsi mobile, dépendante des opérations de drainage et d'entretien. Les mémoires produits lors de l'assèchement rappellent également que des prés particuliers se trouvent sur les marges des secteurs confiés à Gaussen ; leur inclusion dans une définition trop large des marais nourrit les contestations des propriétaires qui s'estiment lésés (p. 35).

La mise en valeur et l'exploitation de la palu (pp. 36-40)

Une occupation antérieure aux XVe et XVIe siècles

Des donations faites à Saint-Seurin aux XIe et XIIe siècles montrent que des terres et une artigue existaient dans la palu bien avant la période principale. L'auteure pense que les premières mises en culture ont concerné des parcelles vouées aux céréales, mais souligne leur vulnérabilité aux inondations. Elle rapproche ce phénomène d'une enquête concernant la Paludate, au sud de Bordeaux, où des champs de blé devenus peu rentables à cause des eaux de la Garonne furent proposés à la plantation de vignes. Ce cas extérieur à la palu du nord illustre un choix de culture ; il n'est pas présenté comme un relevé de rendement directement effectué dans la zone étudiée.

La conquête agricole suit donc une chronologie progressive : d'abord les parcelles les plus accessibles et le bourrelet, puis des travaux d'assainissement permettant d'étendre les vignes et les prés. Aux débuts du XIVe siècle, les textes mentionnent encore des artigues à Cabarraus ou à la Jala et des terres à Estey Crebat et au Mugron. À la fin du Moyen Âge, une partie de ces terrains est devenue viticole (p. 36).

L'essor du vignoble de palu

L'extension de la vigne s'inscrit dans le développement du commerce des vins avec l'Angleterre, mais tient également, selon l'auteure, au rendement élevé et à la bonne conservation en mer des vins de palu. Les bourdieux — exploitations viticoles et maisons de campagne de Bordelais aisés — jouent un rôle majeur dans l'élargissement et l'amélioration des surfaces cultivées. Ils exigent des capitaux, des aménagements et une présence matérielle, tout en assurant des fonctions de résidence ou d'entrepôt.

Une première génération de bourdieux apparaît au XIIIe siècle, notamment à la Jala et à Cabarraus ; l'hôpital Saint-James y dispose d'un domaine où sont rassemblées des redevances en nature. Au XVe siècle, une deuxième génération gagne Estey Crebat, le Mugron, Nogueyron et l'estey Neu. Les actes décrivent des bâtiments de pierre ou de tuiles, des vignes, des prés, des aubarèdes, des haies et des fossés. Les exemples de marchands de Saint-Michel et d'autres citadins attestent l'importance des capitaux urbains dans ces transformations.

L'enquête de 1527 relative à l'estey Neu permet de suivre une recomposition foncière : des prés et des espaces qualifiés de déserts changent de mains ; les acquéreurs, incapables de payer, revendent des parcelles à Bernard Faure, marchand de Saint-Maixent. Celui-ci plante vigne et aubarèdes et réunit des fractions de bourdieux voisins pour former un domaine viticole d'un seul tenant. L'exemple montre que l'intensification de la culture passe aussi par l'achat, la concentration et la modification de parcelles préexistantes (p. 37).

Une troisième génération commence vers 1580-1590 et prend toute son ampleur aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les bourdieux s'étendent au-delà des anciennes limites du vignoble, notamment à Pradetz et aux Chartrons. Dominge Dominzac fait rehausser son terrain et édifier une maison avant 1598 ; vingt-sept ans plus tard, sa fille déclare une récolte de dix barriques. Le domaine est décrit plus tard comme une maison avec chambres, cuvier ou chai, jardin, vignes, vimenières et fossés périphériques. L'urbanisation des Chartrons contribue ensuite à déplacer plus au nord les vignes de berge (pp. 38-39 ; figure 5).

L'exploitation des prés

Les prés, rares à proximité de Bordeaux, sont recherchés pour deux usages : le pacage du bétail et la récolte du foin, éventuellement suivie d'un regain. Ce sont souvent des prairies artificielles créées sur un terrain anciennement marécageux. Sans curage et sans entretien, elles peuvent retourner à un état humide ; les actes parlent de prat en desert ou de prat e palu. La présence de parcelles encloses et de barraux rend visible l'effort d'aménagement.

Un conflit avec Gaston de Foix, seigneur de Puy-Paulin, témoigne de l'importance des pâtures : après la confiscation de bestiaux qui paissaient dans la palu, des Bordelais conduits par les jurats attaquent son château et récupèrent les animaux, au prix de morts parmi les défenseurs. Les foins donnent lieu à des prélèvements importants. En 1619, le cardinal de Sourdis évoque une rente annuelle de vingt charretées provenant de seize prés des Grands Prés de l'Archevêque. Les redevances peuvent atteindre le quart, voire le tiers, du foin et de l'herbe, au lieu d'un simple cens. Elles sont acheminées vers un bourdieu, un point de chargement en bord de fleuve ou un bateau ; ces modalités illustrent la valeur marchande de la production (pp. 39-40).

L'exploitation des ressources naturelles de la palu

Les marais ne procurent pas uniquement des terrains susceptibles d'être transformés en vignes ou en prés. Ils fournissent roseaux, joncs, aubiers et aubarèdes, utilisables pour la construction, la litière, la viticulture ou la vannerie. La pêche tient aussi une place attestée dans les pratiques des habitants : des témoignages recueillis en 1619 racontent la fréquentation ancienne des fossés et des esteys, tandis qu'un règlement du syndicat de 1647 mentionne des barques, des nasses, des piquets et des interventions sur les écluses pour faciliter l'entrée de l'eau et du poisson.

Ce même règlement évoque le rouissage du lin et du chanvre dans les cours d'eau. Les témoignages sont parfois postérieurs à 1599 : l'auteure les utilise pour restituer des usages plus anciens, sans faire de ces règlements des sources médiévales. L'opposition à l'assèchement apparaît ainsi liée à la perte d'un ensemble de ressources coutumières, distinct des seuls revenus de la terre cultivée (p. 40).

Seigneurs et tenanciers de la palu (pp. 41-44)

De nombreux seigneurs

L'étude des mouvances montre une forte présence des établissements religieux de Bordeaux. L'archevêque possède des droits sur vingt-quatre tenures recensées aux XVe et XVIe siècles ; le chapitre cathédral Saint-André sur deux tenures connues. Le chapitre Saint-Seurin est beaucoup plus présent, avec soixante-six tenures dans dix-huit lieux-dits, dont seize à la Calhauenga. Il a également des droits d'usage sur les prés de Salabert concédés à ses questaux de Caudéran, du Bouscat et de Villenave.

L'abbaye Sainte-Croix possède des droits sur quarante et une tenures ; vingt-neuf d'entre elles, des prés à la Tastassa, ont été acquises en 1443 à Pey Colom deu Muralh. Les jésuites, installés en 1573 et héritiers des droits de l'hôpital Saint-James et du prieuré de Bardenac, comptent quatre-vingts tenures. Les Chartreux, bien qu'établis dans la zone, ne sont attestés que sur seize tenures. Les chiffres présentés sont des dénombrements de tenures documentées, non des parts en pourcentage de la surface totale de la palu (p. 41).

Des seigneurs laïcs sont également présents, mais plus difficiles à saisir dans les archives : le captal de Buch en tant que seigneur de Puy-Paulin, des familles nobles des alentours comme celles de Bruges et de Saint-Médard-en-Jalles, et de grandes lignées du patriciat bordelais. Les limites de propriétés conservent le souvenir des familles Corn, Beguey ou Colom ; certaines dénominations de lieux, telles la Lamberteuga ou la Calhauenga, reflètent aussi cette emprise. L'auteure décrit une structure qui ressemble à celle de la ville et du vignoble suburbain : seigneuries religieuses nombreuses, droits allodiaux bourgeois et présence complémentaire de la noblesse voisine (pp. 41-42).

Les tenanciers de la palu

L'auteure précise que le caractère lacunaire des sources et l'étendue chronologique de l'enquête interdisent un portrait social exhaustif. Elle distingue néanmoins deux groupes : les Bordelais et les habitants des campagnes proches. Parmi les tenanciers connus du chapitre Saint-Seurin, 60,4 % résident à Bordeaux, surtout dans les paroisses de Saint-Rémi et de Saint-Maixent. La population concernée est socialement diverse : vignerons, artisans, marchands, bouchers, jurats ou personnages de haut rang. Les investisseurs les plus fortunés contribuent à l'établissement des bourdieux, tandis que les bouchers recherchent des pâtures pour leur bétail (p. 43).

Les communautés de Caudéran, du Bouscat, de Villenave, de Bruges, d'Eysines et de Blanquefort possèdent ou utilisent principalement des prés situés près de leurs villages et des esteys. Elles revendiquent aussi des usages sur les roseaux, les vacants et les ressources aquatiques. Le contrat signé avec Conrad Gaussen en 1599 perturbe cet équilibre. Dans leur requête du 17 février 1600, ces communautés s'opposent à la privation de leurs usages ; la jurade leur réclame des titres écrits dans un délai de trois jours, titres qu'elles ne possèdent pas puisqu'elles s'appuient sur la coutume. Pour l'auteure, leur protestation manifeste leur attachement aux ressources de la palu et leur inquiétude devant la transformation du marais (pp. 43-44).

Les idées fortes et leurs appuis

1. Un marais peut être intensément fréquenté et productif

L'image de l'espace malsain et inhabitable ne rend pas compte de la palu des XVe et XVIe siècles. Sur plus de 3 000 hectares, le bourrelet alluvial est cultivé et les marais sont utilisés pour les foins, le bétail et la pêche. L'auteure associe les formes d'occupation à la microtopographie et aux possibilités de drainage (pp. 25-26, 31-35).

2. L'eau organise les usages au lieu d'en empêcher systématiquement l'existence

La cuvette est plus basse que le fleuve, de 2,7 mètres à l'étiage dans la comparaison donnée par l'article, et reçoit les eaux de l'arrière-pays. Les fossés, les esteys et les petites levées de terre rendent néanmoins possibles vignes et prés sur les terrains les plus favorables. Les barraux inondables montrent la fragilité de cet équilibre (pp. 26, 35).

3. La vigne progresse avec le commerce et l'investissement urbain

Les vins de palu sont recherchés notamment pour leur rendement et leur aptitude au transport maritime. L'enquête retrace trois phases de développement des bourdieux, depuis le XIIIe siècle jusqu'aux extensions commencées vers 1580-1590. Le domaine de Pradetz, rehaussé et aménagé à la fin du XVIe siècle, illustre le rôle de ces investissements (pp. 36-39).

4. Les prés constituent une production rémunératrice, pas un simple espace résiduel

Prairies de pacage et de fauche, les prés peuvent rapporter aux seigneurs une agrière au quart ou au tiers. Les vingt charretées de foin annuel évoquées en 1619 pour seize prés montrent leur importance économique ; l'entretien des fossés demeure indispensable (pp. 39-40).

5. Les marais fournissent d'autres biens que la terre cultivée

La pêche, les roseaux, les joncs, les aubiers et le rouissage du lin et du chanvre sont attestés par des témoignages et des règlements. Les usagers comprennent des personnes qui ne possèdent aucune parcelle dans la palu, ce qui distingue accès aux ressources et propriété foncière (p. 40).

6. Les seigneuries sont nombreuses et leurs droits superposés

La jurade exerce une autorité publique sur la banlieue et certains padouens, tandis que des institutions religieuses, des nobles et des bourgeois possèdent des droits fonciers. Saint-Seurin est attesté sur 66 tenures, Sainte-Croix sur 41 et les jésuites sur 80 ; ces chiffres ne mesurent pas des hectares ou des parts de territoire (pp. 30, 41-42).

7. Les ruraux voisins disposent d'usages collectifs difficilement défendables par l'écrit

Les communautés de Caudéran, du Bouscat, de Villenave, de Bruges, d'Eysines et de Blanquefort ont accès à des prés et revendiquent les raux et vacants. En 1600, la jurade réclame des titres pour des droits coutumiers que leurs usagers ne peuvent matérialiser. Le conflit révèle une opposition sociale à la transformation du marais (p. 43).

8. Le projet d'assèchement relève aussi d'une volonté de mise en valeur foncière

Dans sa conclusion, Sandrine Lavaud rattache la transformation du début du XVIIe siècle à la recherche de nouvelles terres productives. Elle relativise ainsi l'explication purement sanitaire invoquée pour expliquer le contrat de 1599, sans nier les conditions humides du milieu (p. 44).

Données et chiffres à retenir

Dimensions, hydrologie et cultures

DonnéeValeur et unitéContexte ou territoirePage imprimée
Superficie de la palu médiévalePlus de 3 000 haBordeaux à la jalle de Blanquefort26
Longueur de la zone étudiée7 kmPalu médiévale, rive gauche26
Largeur moyenne4 à 5 kmPalu médiévale26
Longueur de l'acception élargie16 kmMarais englobés jusqu'à Ludon au XVIIe siècle26, note 2
Écart vertical à l'étiage2,7 mFond de la cuvette et niveau de la Garonne au pont Saint-Pierre26
Écart lors de grandes maréesJusqu'à 3,75 mMême comparaison, grandes marées d'équinoxe26
Part cultivée de la paluPlus de la moitiéZone dite « utile » comprenant vignes et prés31
Vignes à Pradetz19 tenures sur 19Tenures recensées au lieu-dit Pradetz33
Vignes près de l'estey Crebat7 tenures sur 10Échantillon de tenures recensées33
Vignes au Mugron8 tenures sur 11Échantillon de tenures recensées33
Récolte déclarée à Pradetz10 barriques de vinMarguerite Dominzac, déclaration de 162539

Redevances, seigneuries et population

DonnéeValeur et unitéContexte ou territoirePage imprimée
Dîme affermée202 livres 10 sousRevenu de Saint-Seurin, seconde moitié du XVe siècle30
Foin de rente annuel20 charretées16 prés des Grands Prés de l'Archevêque, déclaration de 161939
Prélèvement seigneurial sur les présUn quart ou un tiersAgrière en foin et herbe, selon les actes40
Tenures de l'archevêque24Tenures documentées aux XVe et XVIe siècles41
Tenures de Saint-Seurin66 dans 18 lieux-ditsTenures documentées41
Tenures de Sainte-Croix41Dont 29 prés acquis à la Tastassa en 144341
Tenures des jésuites80Droits hérités essentiellement de Saint-James et de Bardenac41
Tenures des Chartreux16Dont 15 aux Grands Prés de l'Archevêque41
Tenanciers citadins60,4 %Tenanciers de Saint-Seurin connus dans la palu, et non tous les habitants43
Requête des communautés17 février 1600Opposition à Gaussen au sujet des usages coutumiers43

Ces données appartiennent à des contextes distincts : les superficies n'ont pas le même périmètre selon l'époque ; les dénombrements de tenures ne sont pas des superficies ; les récoltes et rentes citées ne constituent pas des moyennes générales.

Conclusion de l'auteur

La conclusion de Sandrine Lavaud (p. 44, PDF p. 22) insiste sur le fait que la palu bordelaise, à la fin du Moyen Âge et au début de l'époque moderne, n'est pas seulement un espace répulsif et humide. Elle contribue à l'approvisionnement et à la prospérité de la ville et des campagnes proches par les vignes, les prairies artificielles et les ressources des marais. L'auteure interprète cette dynamique comme une forme de front pionnier agricole, recherché pour les revenus possibles. Elle termine en avançant que la volonté d'obtenir et d'améliorer de nouvelles terres a vraisemblablement pesé davantage dans les assèchements du XVIIe siècle que les seuls arguments d'hygiène. L'article se clôt sur cette proposition ; il n'étudie pas en détail l'ensemble des transformations postérieures.

FAQ : QUESTIONS & RÉPONSES

Qu'appelle-t-on la « palu » dans cet article ?

C'est la zone humide et alluviale située au nord de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne, jusqu'à la jalle de Blanquefort pour le cadre médiéval. L'auteure conserve le féminin local « la palu » et distingue les secteurs cultivés des marais plus bas (pp. 25-26 et note p. 25).

Pourquoi cette palu était-elle marécageuse ?

La cuvette intérieure est plus basse que le niveau de la Garonne, reçoit des eaux venues des coteaux, des landes du Médoc et des pluies, et présente des sols tourbeux peu perméables. Certains esteys subissent en outre l'influence de la marée. L'eau ne s'évacue donc pas facilement (p. 26).

Une palu humide pouvait-elle accueillir des vignes ?

Oui, surtout sur le bourrelet alluvial, plus haut et fertile, et sur les terrains rendus exploitables par le creusement de fossés et le rehaussement de parcelles. Les chiffres cités dans l’article sont des relevés situés et non une moyenne de toute la palu : dix-neuf tenures viticoles sont notamment recensées à Pradetz (pp. 31-33, 39).

Qu'est-ce qu'un bourdieu dans le Bordelais de cette époque ?

C'est un domaine agricole et une maison de campagne, souvent à vocation viticole et commerciale, établi ou amélioré par des propriétaires aisés. Il peut comprendre une maison, un chai ou cuvier, des vignes, des prés, des aubarèdes et des fossés. L'article en distingue trois vagues d'implantation (pp. 36-39).

Pourquoi les prés comptaient-ils autant que les vignes pour certains habitants ?

Ils servent au pacage et fournissent du foin, ressource rare dans la banlieue de Bordeaux. Le prélèvement seigneurial peut atteindre une fraction importante de la récolte. Ce sont des prairies entretenues, qui peuvent redevenir humides et improductives sans drainage (pp. 39-40).

Que signifient « estey », « padouen » et « barrau » ?

L'estey est un petit cours d'eau, désignation gasconne expliquée dans la note de la page 26. Les padouens sont des vacants ou des cours d'eau dont la jurade assure certains droits d'administration et d'entretien. Le barrau est ici une parcelle de pré enclose, délimitée par des fossés et des levées ; son aménagement n'empêche pas nécessairement l'inondation (pp. 26, 30 et 35).

Qui détenait les droits fonciers dans la palu ?

De nombreux établissements religieux de Bordeaux, notamment Saint-Seurin, Sainte-Croix et les institutions dont les jésuites ont reçu les droits, mais aussi des nobles, des bourgeois et des familles des villages voisins. La jurade possédait par ailleurs des compétences distinctes de justice et d'administration. Les différents droits ne doivent pas être confondus avec la propriété de toute la surface (pp. 30, 41-42).

La pêche était-elle réservée aux propriétaires des prés ?

Le texte ne décrit pas une telle exclusivité. Au contraire, des témoignages sur la pêche dans les fossés et les esteys et un règlement de 1647 mentionnent des pêcheurs qui ne possèdent rien dans la palu. L'usage des ressources ne se réduit donc pas à la détention d'une parcelle (p. 40).

Pourquoi le contrat de 1599 avec Conrad Gaussen provoque-t-il des conflits ?

L'assèchement menace des prés déjà aménagés ainsi que des usages collectifs sur les vacants et les eaux. Le 17 février 1600, des communautés rurales présentent une requête contre Gaussen. La jurade demande des titres écrits, alors que les demandeurs fondent leurs usages sur la coutume (pp. 35, 43-44).

L'article établit-il que l'hygiène fut le seul motif de l'assèchement ?

Non. Les descriptions rétrospectives évoquent les eaux stagnantes et la maladie, mais Sandrine Lavaud insiste dans sa conclusion sur l'intérêt économique de la mise en culture de nouvelles terres. Elle présente cette recherche de rentabilité agricole comme une explication majeure de l'assèchement (pp. 25-26 et 44).

Ces résultats documentent-ils directement Lacanau ?

Non. L'enquête porte sur la palu bordelaise, les villages qui la bordent et le réseau de la Garonne. Le Médoc n'apparaît ici qu'à travers les « landes du Médoc » dont les eaux alimentent la cuvette. Le texte ne livre pas d'enquête historique sur les communaux ou marais de Lacanau (p. 26).

Référence bibliographique et pagination

LAVAUD, Sandrine, « La palu de Bordeaux aux XVe et XVIe siècles », Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, tome 114, n° 237, janvier-mars 2002, p. 25-44. DOI : 10.3406/anami.2002.2752.

Article en français. Le PDF fourni comporte 22 pages : deux premières pages documentaires de Persée (notice et résumés), puis 20 pages correspondant à la pagination imprimée 25-44. Toutes les citations et références internes utilisent les pages imprimées ; pour les figures et les citations localisées, leur équivalent PDF est précisé lorsqu'il est utile. La date « fichier PDF généré le 13/09/2018 » portée sur la notice concerne la génération du fichier, pas la publication de l'article. Les cinq figures originales ont été examinées ; les cartes de Masse et de Belleyme et le document de 1701 sont des sources ou images postérieures utilisées par l'auteure.

Où consulter ce document : références institutionnelles

Persée — article intégral et notice ↗ Nouvel onglet : texte numérisé, illustrations et référence précise de l'article.

DOI — référence pérenne de l'article ↗ Nouvel onglet : identifiant éditorial résolvant vers la référence du document.

Université Toulouse–Jean-Jaurès, laboratoire FRAMESPA — notice dans les Annales du Midi ↗ Nouvel onglet : notice universitaire du numéro et résumé correspondant à l'article.

Université de Bordeaux, dépôt OSKAR — notice du document ↗ Nouvel onglet : notice institutionnelle comportant l'auteure, la date et les métadonnées de cette publication ; dépôt signalé comme migrant vers HAL.

Illustrations jointes

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  • `images/fig-01-plan-marais-debut-xviie.png` — Figure 1, « Plan du marais au commencement du XVIIe siècle », extrait de J.-G. Gautet, Historique du dessèchement du marais qui s'étend sur le territoire des communes de Bordeaux, Bruges, Le Bouscat et Eysines, Bordeaux, 1906 ; p. 27 (PDF p. 5).
  • `images/fig-02-carte-claude-masse.png` — Figure 2, extrait de la carte de C. Masse, XVIIIe siècle ; p. 28 (PDF p. 6).
  • `images/fig-03-carte-belleyme.png` — Figure 3, extrait de la carte de Belleyme, XVIIIe siècle ; p. 29 (PDF p. 7).
  • `images/fig-04-paysage-palu-xve-xvie.png` — Figure 4, « Le paysage de la palu de Bordeaux aux XVe et XVIe siècles » ; légende distinguant vignes, prés, aubarèdes, marais et habitat ; p. 32 (PDF p. 10).
  • `images/fig-05-bourdieu-pradetz-1701.png` — Figure 5, « Le bourdieu de Pradetz », document d'archives daté du 6 février 1701, crédit A.D. 33, H 2407 ; p. 38 (PDF p. 16).

Repères du document

RepèreInformations
CatégorieHistoire des Marais
AuteursSandrine Lavaud
Date de publication2002
Type de documentArticle scientifique
Languefr
Publication / éditionAnnales du Midi, tome 114, n° 237, janvier-mars 2002, p. 25-44
Période étudiéePrincipalement les XVe et XVIe siècles ; documents antérieurs dès les XIe-XIIIe siècles et témoignages postérieurs jusqu'au XVIIIe siècle
Territoires étudiésPalu de Bordeaux sur la rive gauche de la Garonne ; Chartrons, Bacalan, Bruges, Blanquefort, Le Bouscat, Eysines, Caudéran et environs
DOI10.3406/anami.2002.2752
SourcePersée — article intégral ↗ Nouvel onglet
PaginationArticle imprimé : p. 25-44 (20 pages) ; PDF Persée fourni : 22 pages (deux pages liminaires supplémentaires)
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LieuBordeauxLieuGironde