Le document en 10 lignes
En 1935, le géographe Paul Arqué publie dans la Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest une étude consacrée à l'assainissement des Landes de Gascogne. Il revient sur la transformation des dunes et des landes intérieures depuis le XVIIIe siècle, sur les ingénieurs et les sociétés qui ont entrepris les premiers travaux, sur les conséquences de la loi de 1857, puis sur la crise qui menace alors la forêt de pins. Son propos ne s'arrête pas au récit d'une réussite : il décrit des fossés abandonnés, des étangs qui se comblent, des terrains redevenus marécageux et d'autres excessivement desséchés, tandis que le marché de la résine se contracte. Il envisage finalement une association plus étroite entre forêt, cultures et élevage.
Cet article est une source particulièrement éclairante sur ce que les géographes de 1935 tenaient pour acquis, sur les difficultés matérielles du drainage et sur les solutions discutées entre forestiers, ingénieurs, propriétaires et administrations. Son vocabulaire de « renaissance », de région « arriérée » ou de « rédempteurs » appartient à l'auteur et à son époque. La fiche restitue ces jugements en les lui attribuant, sans les adopter comme des constats intemporels. Les exemples concernent notamment Cestas et Pierroton, le bassin d'Arcachon, Lège, Vendays, Lacanau, Le Porge, la Grande Lande, les vallées des Leyre et les étangs littoraux.
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Sommaire
Résumé complet
1. Une forêt née d'une histoire, non d'un paysage immobile
Paul Arqué ouvre son article par une affirmation apparemment simple : tout le monde connaît, écrit-il, la transformation des Landes par le boisement et les noms de Brémontier et de Chambrelent. En revanche, on prête moins d'attention à l'état réel des travaux et aux menaces qui pèsent sur la forêt dans les années 1930. C'est précisément ce décalage qui motive son enquête. Il ne veut pas seulement raconter comment les Landes furent plantées ; il cherche à comprendre pourquoi, après l'enthousiasme de la mise en valeur, le système forestier connaît des signes de fragilité. Cette perspective explique la construction de son texte : une rétrospective historique d'abord, un diagnostic des risques ensuite, puis une discussion des possibilités d'avenir (p. 5).
La première étape de ce récit est la lande d'Ancien Régime. Arqué en donne une représentation sévère : faible peuplement, pauvreté des cultures, conditions sanitaires difficiles et étendues de parcours à moutons. Il estime que, sur quelque 900 000 hectares, un dixième seulement était cultivé et que la population n'atteignait pas 250 000 habitants. Il évoque le millet et la cruchade, les bergers à échasses, l'insuffisance de l'alimentation et les fièvres qu'il associe aux eaux stagnantes (pp. 5-6). Ce tableau résume une vision géographique et sociale des Landes que l'auteur juge largement établie ; il ne constitue pas une enquête démographique originale commune par commune.
Il apporte néanmoins une précision importante : la forêt de pins n'est pas apparue de rien au XIXe siècle. Des peuplements existaient auparavant, notamment sur les vieilles dunes et dans les vallées, où ils formaient des ensembles plus ou moins discontinus. Arqué rappelle l'ancienneté de la récolte de résine et mentionne, d'après l'abbé Baurein et d'autres auteurs, des fours à résine à Vendays, Lacanau et Le Porge. Pour ces trois communes girondines, cette courte indication est précieuse : elle atteste que, dans la documentation mobilisée par Arqué, le pin et ses usages industriels précèdent l'extension massive des plantations (p. 6). Il faut toutefois distinguer cette mention bibliographique de l'examen direct de ces fours, qu'Arqué n'entreprend pas dans l'article.
Arqué cite également les frères Desbiey, les premiers essais de fixation des dunes et des études historiques auxquelles il renvoie en note. Il fait ainsi apparaître une longue accumulation de savoir-faire, de projets et d'expériences, derrière les deux grandes figures traditionnellement célébrées. Mais sa thèse historique reste celle d'une transformation profonde et bénéfique, suivie d'une crise : l'économie traditionnelle lui semble trop peu productive, et la forêt issue des travaux du XIXe siècle représente à ses yeux une étape majeure dont il faut désormais préserver les résultats.
2. Brémontier, ses précurseurs et les dunes qu'il fallait fixer
Pour Arqué, la fixation des dunes littorales ne commence pas avec un inventeur isolé. Il rappelle les travaux et les avertissements des frères Desbiey, de Saint-Julien-en-Born, ainsi que les recherches de l'ingénieur de marine Charlevoix de Villers, envoyé à La Teste pour étudier le bassin d'Arcachon comme éventuel port de guerre. Celui-ci avait proposé, de 1778 à 1781, une combinaison de clayonnages et de semis protégés, faisant intervenir pins, genêts, ajoncs et gourbets. Le captal de Buch, Amanieu de Ruat, fit ensuite appliquer ces procédés dans les dunes du Bernet, au Moulleau (pp. 7-8).
L'auteur s'arrête sur une controverse historique : les dunes avançaient-elles vraiment, ou le danger avait-il été exagéré pour justifier les interventions ? Il reconnaît que Brémontier avait amplifié certaines menaces, allant jusqu'à évoquer l'ensablement de tout le Médoc, voire de Bordeaux. Il note également que les légendes de villages ou de paroisses engloutis ont été grossies. Mais il rejette la négation générale du mouvement dunaire : les travaux anciens de fixation, les observations des habitants et les pertes matérielles lui paraissent démontrer qu'il existait un problème réel, même si son ampleur variait selon les lieux et les périodes (p. 7).
C'est ici qu'apparaît une anecdote girondine particulièrement significative. En 1768, à Lège, M. de Marbotin demanda une remise d'impôts en invoquant l'ensablement de ses terres. Arqué souligne que l'administration fiscale royale accorda cette remise après vérification sur place. Il rapproche cette affaire de demandes formulées en 1770 et 1776 par des habitants du quartier de Lit. Dans son argumentation, ces décisions administratives donnent un contenu concret au péril dunaire : il ne s'agissait pas seulement de récits pittoresques sur des sables en marche, mais aussi de pertes revendiquées devant le fisc et reconnues après enquête (p. 8).
Le rôle de Brémontier consiste alors moins, selon Arqué, à avoir découvert un principe inconnu qu'à l'avoir organisé en programme. Autorisé en décembre 1790 à réaliser des essais, il rencontra d'abord des échecs : le sable s'envolait, les graines étaient découvertes, les jeunes semis ne résistaient pas. Il adopta finalement la protection par des fagots de bois et des brandes, procédé attribué à Peyjehan, praticien de La Teste. Le décret de 1801 lança ensuite un projet de fixation et de boisement d'environ 100 000 hectares de dunes, progressivement poursuivi par plusieurs administrations jusqu'aux environs de 1873 (p. 8).
Ce programme transforma aussi les usages de l'espace. Arqué note les résistances de personnes dont les pratiques de pacage, de soutrage et de parcours étaient restreintes, particulièrement dans les dépressions entre les dunes : les lèdes en Gironde, les lettes ou leutes plus au sud. Pour préserver les semis, les plantations devaient être soustraites temporairement, parfois durablement, à la circulation des troupeaux et au prélèvement des végétaux. Le décret impérial de 1810 permit à l'administration de faire exécuter d'office l'ensemencement sur des terrains communaux ou particuliers. Ainsi, dans le propre récit d'Arqué, la protection des dunes apparaît à la fois comme une opération technique et comme une transformation des droits d'usage (pp. 8-9).
Il importe de ne pas inverser son propos : Arqué considère globalement cette intervention comme nécessaire et favorable. Il mentionne cependant les droits lésés, ce qui permet de retrouver dans la documentation de 1935 l'existence de pratiques collectives qui ne se réduisaient pas à l'exploitation commerciale du bois.
3. Des buffles, des dromadaires et des projets de canaux : les Landes comme terrain d'expériences
Une fois les dunes mises en mouvement de fixation, restait l'immense intérieur landais. Arqué consacre à cette question un passage d'une vivacité inhabituelle pour un texte géographique : il raconte les projets dont la région fut l'objet à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, certains réalistes, d'autres presque invraisemblables. La comparaison avec un Sahara français suscita, dit-il, toute une succession d'idées qui témoignaient surtout de la méconnaissance du pays (pp. 9-10).
Sous le Premier Empire, on tenta d'introduire le cotonnier, le caroubier ou l'arachide. Une huilerie installée à Dax aurait pu produire jusqu'à deux quintaux d'huile par jour, au point que l'administration commençait à s'inquiéter des débouchés. On imagina également d'utiliser le buffle, censé apprécier les herbes des marais dédaignées par d'autres animaux. Neuf animaux furent envoyés dans le département en 1806 ; selon l'anecdote rapportée par Arqué, l'un d'eux fut tué par des habitants de Saint-Paul-en-Born qui, impressionnés par ses cornes, l'auraient pris pour le diable. L'auteur reconnaît qu'il ignore ce que devinrent les autres (pp. 9-10). Le caractère pittoresque de ce récit ne doit pas faire oublier qu'il est présenté comme une anecdote historique de seconde main, non comme une observation personnelle.
La fascination pour les sables engendra une autre expérience : en 1833, le Conseil d'arrondissement de Bordeaux demanda un haras de grands chameaux ; en 1834, cinq dromadaires venus d'Algérie furent confiés à M. Larraillet, maître de forges et juge de paix. Leur destin, écrit Arqué, n'a pas été retrouvé. Plus largement, des responsables envisagèrent diverses façons de peupler artificiellement la région : installation de milliers de familles indigentes, recrutement de forçats ou politiques matrimoniales destinées à fixer de nouveaux ménages. Arqué évoque également les projets, restés sans suite, d'implantation de populations déplacées (p. 10). À ses yeux, tous échouaient à saisir le véritable problème : pour attirer et retenir des habitants, il fallait d'abord rendre possible leur activité économique.
Le même raisonnement guide sa discussion des transports. Avant les chemins de fer, les routes étaient difficiles à établir dans les sables ; la circulation des hommes et des produits restait entravée. D'où une longue série de projets de canaux landais, dont Arqué fait remonter certains précédents à Vauban. Des ingénieurs et entrepreneurs envisagèrent de relier les étangs littoraux entre eux, puis d'ouvrir des liaisons vers Bordeaux, Bayonne ou Dax. D'autres préféraient traverser la Grande Lande par le Gua-Mort, la Leyre, le Bez et la Midouze ; un troisième ensemble de projets intéressait les Petites Landes par la Baïse et la Gélise (pp. 11-12).
Les départements eux-mêmes ne s'accordaient pas. Le Conseil général de la Gironde défendait surtout la solution des Grandes Landes, tandis que le Conseil général des Landes privilégiait celle des Petites Landes. Arqué attribue en partie à cette rivalité l'absence de réalisation. Malgré de nouvelles démarches et une inscription tardive dans les programmes, le projet des canaux finit par être abandonné ; une commission ministérielle le rejeta en 1908. Ce conflit de tracés préfigure celui qui accompagna le chemin de fer : les Landais souhaitaient une voie desservant les régions habitées et leurs centres d'activité, tandis que la solution girondine privilégiait une liaison traversant rapidement le massif. C'est finalement ce second choix qui l'emporta (pp. 12-13).
Arqué juge que cette ligne favorisa dans l'ensemble l'avenir du pays et contribua à attirer l'attention de Napoléon III. Il rappelle l'achat par l'empereur, en 1857, d'environ 8 000 hectares entre Sabres et Escource, qui deviendraient le domaine de Solférino. La même année, la loi du 19 juin 1857 fixa un cadre majeur à l'assainissement et au boisement de l'intérieur landais. Dans la lecture d'Arqué, l'ouverture des communications, l'intervention de l'État et l'expérience des ingénieurs se renforcèrent mutuellement (p. 13).
4. L'expérience de Chambrelent à Pierroton : drainer avant de semer
Le cœur technique de l'article se trouve dans l'histoire de Chambrelent. Arqué en fait une figure majeure, dont il loue la rigueur et la ténacité, tout en rappelant qu'il avait lui aussi des précurseurs. Guillaume Desbiey, dès 1776, avait insisté sur la nécessité de maîtriser les eaux avant d'espérer améliorer les terres. Des compagnies avaient essayé de dessécher certains secteurs proches du bassin d'Arcachon : Moriencourt-Salignac en 1761, Roth en 1765, Nézer dans la basse Leyre, puis la Compagnie d'Arcachon entre 1837 et 1845. Cette dernière finit en faillite après avoir élargi excessivement ses ambitions, si bien que les nouveaux projets éveillaient la méfiance (p. 14).
Chambrelent entreprit de comprendre pourquoi les semis échouaient. Arqué décrit un plateau mal drainé au sud-ouest de Bordeaux, inondé pendant une partie de l'hiver, mais sec et brûlant en été. Une graine pouvait pourrir dans l'eau durant la mauvaise saison ou se dessécher une fois venue la chaleur. Dans ce récit, les pins ne sont donc pas le moyen initial de faire disparaître l'eau : ce sont les fossés, établis avant les semis, qui rendent possible leur réussite. Chambrelent releva une pente faible mais régulière, d'environ un millimètre par mètre, et conclut que des fossés de 50 à 60 centimètres de profondeur pouvaient suffire là où les irrégularités du terrain restaient limitées (p. 14).
Ne disposant pas des crédits espérés, il décida de réaliser l'expérience à ses propres risques. Arqué date du 25 juin 1849 l'achat du domaine de Saint-Alban, à Pierroton, commune de Cestas, et lui attribue une superficie de 5 000 hectares. Cette dernière valeur est reprise telle qu'elle figure dans l'article ; l'étude n'en fournit pas ici un relevé cadastral indépendant. Le terrain se trouvait à proximité de la voie ferrée de Bordeaux à La Teste et d'un chemin dont les fossés furent utilisés comme collecteurs, après accord des responsables concernés (pp. 14-15).
L'anecdote est restée célèbre : lors de sa prise de possession, Chambrelent aurait dû parcourir sa propriété sur des échasses, tant l'eau stagnante demeurait présente. Il fit ensuite creuser des fossés, puis sema chênes et pins. Arqué indique qu'au bout de cinq ans les jeunes arbres atteignaient environ 3,50 mètres. Des échantillons présentés à l'Exposition universelle de 1855 attirèrent l'attention du jury, qui fit procéder à une vérification sur place avant de distinguer l'ingénieur. L'auteur voit dans cette démonstration l'une des origines décisives de la loi de 1857 (p. 15).
Le domaine, dans la présentation qu'il en donne, ne se limite pas à une forêt : Chambrelent y réserve aussi des terres aux prairies et aux cultures fourragères. Arqué signale 15 hectares de prairie et 5 hectares de cultures diverses ; il rapproche ce modèle d'autres exploitations forestières mixtes, à Lespéron ou Meilhan, qui associent pins, champs et espaces d'élevage (pp. 15-16). L'ingénieur aurait aussi expérimenté des puits filtrants afin d'améliorer l'approvisionnement en eau potable. La mise en valeur relève donc d'un ensemble de transformations du territoire : régulation des eaux, plantations, chemins, cultures, eau domestique et bâtiments.
Ce tableau permet de comprendre un point fondamental du raisonnement d'Arqué. L'amélioration du milieu ne résulte pas d'un arbre isolé, mais de travaux hydrauliques et d'entretien, puis de choix d'exploitation adaptés à la nature des sols. Le succès d'une forêt semée après drainage ne démontre pas que le pin aurait asséché les marécages à lui seul. L'auteur souligne au contraire que la réussite de l'arbre dépendait d'un niveau d'eau suffisamment maîtrisé.
5. La loi de 1857, les ventes de communaux et l'amélioration des équipements
Arqué considère que l'expérience de Chambrelent a contribué à convaincre les autorités de généraliser le drainage et le boisement. Il rappelle que l'application de la loi du 19 juin 1857 suscita des résistances, particulièrement chez les détenteurs de troupeaux voyant se réduire les terrains de parcours. Mais son interprétation générale est favorable : il insiste sur les revenus tirés des ventes de communaux et sur les équipements construits par les municipalités grâce à ces recettes (p. 16).
Il évalue à environ 13 432 000 francs le produit cumulé de la vente des terrains communaux qu'il recense, dont plus de 5,5 millions en Gironde et près de 8 millions dans les Landes. Il mentionne les dépenses consacrées à la construction ou à la restauration des édifices communaux, à l'ouverture des chemins, aux puits et aux cimetières. Dans son inventaire, environ 2,4 millions de francs auraient servi aux églises, 677 000 francs aux presbytères, 1,6 million aux mairies et écoles, près de 2 millions aux chemins, et 800 000 francs aux puits et au déplacement des cimetières (p. 16). Ces chiffres ne décrivent pas la totalité des bénéfices privés procurés par les terrains vendus, ni les superficies cédées : ils portent, dans la source citée par Arqué, sur les recettes et sur certains usages municipaux de ces fonds.
L'amélioration sanitaire occupe une place considérable dans son argumentation. Arqué relie la diminution des fièvres et la prolongation de la durée de vie au drainage et surtout à l'accès à une eau potable de meilleure qualité. Il rapporte les déclarations de deux médecins, l'un de Castelnau-de-Médoc, l'autre d'Audenge, qui affirmaient en 1865 délivrer désormais une centaine de grammes de quinine par an là où l'usage antérieur atteignait environ un kilogramme (pp. 16-17). Il cite également des recettes fiscales en hausse pendant le Second Empire, données présentées comme des indices d'enrichissement.
Ces éléments montrent ce qu'Arqué entend par mise en valeur : l'extension des plantations, certes, mais aussi la construction d'écoles et de chemins, la santé et la consolidation des finances communales. Il n'étudie pas en revanche, de manière systématique, qui acquit les parcelles communales, quelles différences sociales existaient entre acheteurs, vendeurs et usagers, ni comment les profits forestiers furent ensuite répartis. Le dossier est donc précieux pour comprendre le raisonnement économique d'un géographe de 1935, mais ne permet pas à lui seul de dresser le bilan foncier et social détaillé des aliénations.
6. La forêt conquérante devient une forêt fragile
Après avoir retracé les progrès du XIXe siècle, Arqué change nettement de registre. La forêt a gagné du terrain, les exportations de produits résineux ont profité notamment de la guerre de Sécession américaine, et l'après-guerre de 1914-1918 a connu une période de prospérité. Pourtant, au début des années 1930, cette réussite semble menacée. Les cours de la gemme baissent fortement ; la térébenthine doit affronter la concurrence de produits issus du pétrole ; les poteaux destinés aux mines britanniques perdent des débouchés ; la forêt landaise est éloignée de plusieurs grands marchés de consommation (pp. 17-18).
Le problème est également écologique et technique. Les peuplements peuvent subir les attaques d'insectes, de champignons et d'incendies. Arqué évoque la chenille processionnaire, le dioryctria localement appelé barbot, ainsi que l'hylobe ou cachiot. Il relate un accident dramatique : à Illac en 1891, onze personnes auraient péri lors de l'emploi d'un contre-feu. Il rappelle qu'un contre-feu mal calculé risque d'aggraver l'incendie qu'il devait arrêter. La protection passe ainsi par des pare-feux entretenus, des accès permettant l'arrivée des secours et des points d'eau ; Arqué indique qu'environ 120 puits avaient été aménagés en Gironde pour la défense contre les feux (pp. 18-19).
Mais son diagnostic le plus original concerne l'eau. Après des décennies passées à combattre l'inondation, les aménageurs découvrent que l'entretien insuffisant des fossés compromet la forêt, tandis que l'abaissement trop important de la nappe peut la fragiliser tout autant. Les grands chenaux, placés sous surveillance administrative, sont selon lui relativement entretenus ; la situation des petites crastes, souvent privées, dépend davantage des moyens et de la volonté de leurs propriétaires. Arqué cite la Grande Craste de Lamothe, les canaux du Teich et de Gujan, ainsi que l'Arriù de la Quatrième. Il rapporte le souvenir d'habitants qui les ont vus couler bien plus abondamment. Dans le secteur de Pissos, certains terrains forestiers seraient, de nouveau, envahis par les eaux (p. 19).
C'est l'un des passages les plus importants du document pour l'histoire environnementale des Landes. La forêt plantée n'a pas définitivement supprimé les contraintes du milieu. Dès que les ouvrages hydrauliques ne fonctionnent plus comme prévu, la nappe remonte localement et l'ancien marais réapparaît. La réussite du boisement reste donc dépendante d'une infrastructure collective ou privée, qu'il faut entretenir pendant des décennies. Le titre même de l'article, Problèmes d'assainissement, prend ici toute sa portée : l'assainissement n'est pas un événement clos au XIXe siècle, mais une activité permanente.
7. Les étangs littoraux, les courants et les terres regagnées par l'eau
Le drainage du plateau est indissociable du débouché des eaux vers le littoral. Arqué explique que les courants reliant les étangs à l'océan tendent, selon ses observations et les données qu'il rassemble, à se colmater. Les eaux peuvent alors s'étendre sur des terres autrefois aménagées. Il distingue les étangs, les chenaux artificiels et les sorties naturelles, et discute les changements anciens du littoral sans les réduire aux légendes de baies entièrement ouvertes sur l'océan (pp. 19-20).
Près du bassin d'Arcachon, il signale le rôle du chenal de La Hume pour l'évacuation des eaux de Cazaux, ainsi que les travaux qu'il attribue à Chambrelent dans les écoulements des étangs septentrionaux. Plus au sud, il observe le courant de Sainte-Eulalie, entre Parentis et Aureilhan, dont les alluvions avancent dans le plan d'eau. Le ruisseau d'Escource avait comblé, selon les chiffres qu'il rapporte, environ 75 hectares situés dans l'étang d'Aureilhan et appartenant à Saint-Paul ; après une rectification en 1927, le dépôt se serait déplacé vers la commune d'Aureilhan, à raison de 2 à 3 hectares par an. Le lecteur doit comprendre ces valeurs comme des observations et estimations disponibles en 1935, non comme des mesures actuelles (p. 20).
Autre intervention humaine décrite avec précision : un barrage établi pour les pêcheries d'anguilles sur le courant de Mimizan aurait favorisé les dépôts de sable. Arqué affirme que l'ouvrage avait été rehaussé de 32 centimètres après la disparition de repères antérieurs. Le niveau des eaux augmentant en hiver, environ 30 hectares de prairies, auparavant gagnées sur le marécage dans la commune d'Aureilhan depuis 1868, seraient redevenues durablement humides. Ainsi, un aménagement destiné à maintenir ou favoriser une activité — ici la pêche — pouvait avoir des conséquences sur les prairies et les niveaux des étangs (p. 20).
Arqué évoque la plantation de vergnes, ou aulnes glutineux, comme utilisation possible de certains terrains humides, mais il y voit une solution imparfaite. Son propos n'est pas une étude autonome des usages anciens des marais ; il étudie ces faits sous l'angle de la capacité des hommes à conserver les terrains et les plantations que le drainage avait rendus exploitables. Les observations rassemblées montrent néanmoins que les équilibres entre fossés, étangs, barrages, sables, pâturages et forêt étaient plus complexes qu'un simple assèchement définitif.
8. Trop d'eau ou pas assez : le drainage excessif et l'érosion du fond des crastes
La section suivante renverse presque le problème. Dans certains secteurs de la Grande Lande, en particulier entre les deux Leyre, autour de Sabres, Pissos et Sore, Arqué signale un dessèchement devenu excessif. Chambrelent avait estimé, d'après son raisonnement initial, que les faibles pentes réduisaient les risques d'érosion des berges ; il n'avait pas prévu l'incision du fond des cours d'eau et des canaux. Arqué explique que la Leyre, ses affluents et des fossés comme la Grande Craste de Lamothe ont pu creuser le sol, traverser les couches d'alios et abaisser des nappes qui se trouvaient auparavant à faible profondeur. Il indique que les eaux souterraines, dans certains endroits, ne subsistent plus qu'à une profondeur voisine de sept mètres (pp. 20-21).
La conséquence est décisive : le drainage peut cesser d'être une amélioration lorsqu'il devient trop efficace. Le pin, qui souffre de l'eau stagnante en période de croissance, peut également souffrir d'un manque d'eau en été. Arqué en vient à poser, après la longue domination du mot dessèchement, la question de l'irrigation. Le problème n'est donc plus seulement de faire sortir l'eau des Landes : il est de maîtriser les variations de son niveau, en tenant compte des saisons et des effets à long terme du réseau de fossés (p. 21).
L'auteur suit ensuite les changements de végétation qui lui paraissent révéler cet appauvrissement. Dans les dunes anciennes, le genêt à balais accompagne favorablement la régénération naturelle ; la fougère aigle peut être exploitée pour le soutrage, tandis que l'ajonc d'Europe, plus dense, exige un entretien. La brande demande des travaux plus lourds avant reboisement. Deux végétations l'inquiètent particulièrement : la molinie bleue, caractéristique des terrains trop humides selon son classement, dont les racines forment un feutrage empêchant les graines d'atteindre le sol ; et la callune, qu'il associe aux sols trop secs, pauvres ou dégradés (pp. 21-22).
Sur la molinie, écrit Arqué, la régénération naturelle devient difficile : les graines tombent sur un tapis végétal épais, tandis que les herbes sèches augmentent le danger d'incendie. Sur les terrains à callune, le pin pousse moins densément et la production ligneuse paraît décevante. Il craint que ces formations ne gagnent du terrain au détriment d'autres sous-bois et que les générations successives de pins ne soient pas équivalentes. Il formule donc une inquiétude frappante pour un article publié seulement quelques décennies après l'achèvement des grands travaux : la seconde génération forestière ne paraît pas partout aussi prospère que la première, et la troisième est incertaine (p. 22).
Ces propos constituent un diagnostic historique daté. L'article n'apporte pas de séries expérimentales complètes permettant d'établir, pour tout le massif, une dégradation irréversible. Arqué compare des observations, des témoignages, des connaissances forestières et les avis de Roger Sargos, ingénieur et propriétaire forestier qu'il cite abondamment en note. Il mentionne également des interlocuteurs moins alarmistes. Il importe donc de restituer simultanément la gravité de sa mise en garde et les limites du constat documentaire qu'il présente.
9. Le retour possible du mouton : associer forêt, cultures et pâturage
Dans sa dernière partie, Paul Arqué se demande si les Landes doivent rester aussi exclusivement forestières. La résine n'offre plus les mêmes revenus, le marché du bois est incertain, et les difficultés de régénération posent la question d'une autre utilisation des terres. Il ne propose cependant ni d'abandonner la forêt ni de convertir tout le plateau en agriculture. Il estime irréaliste d'attendre des sols sableux une productivité comparable à celle des grandes régions céréalières ou herbagères françaises. En revanche, il souhaite redonner une place à l'élevage et aux cultures fourragères, dans la mesure des possibilités locales (pp. 22-23).
Il rappelle qu'aux environs de 1860 le département des Landes comptait, selon les chiffres repris dans son étude, environ 400 000 moutons. La brebis landaise était rustique, adaptée aux ressources des parcours, mais de faible gabarit et d'une productivité modeste : Arqué attribue aux brebis de trois ans un poids moyen de 30 à 35 kilogrammes. Il envisage donc d'améliorer les races, les fourrages et les conditions d'élevage. Il évoque les essais anciens d'introduction de mérinos, les tentatives de croisements, le topinambour et le lotier corniculé comme ressources pour des sols légers ou des pare-feux (p. 23).
La disparition progressive des bergers lui paraît toutefois un obstacle aussi sérieux que les difficultés du terrain. Les Landais, observe-t-il, sont devenus gemmeurs dans beaucoup de secteurs et les compétences pastorales ne se transmettent plus de la même manière. Il présente le centre d'apprentissage de la métairie de Barsac, à Arengosse, ouvert en 1933 par l'Union Ovine avec un soutien du Conseil général et la mise à disposition du domaine par la comtesse de Lastours. L'établissement formait six ou sept bergers par an. Arqué relève avec une pointe d'ironie que ces nouveaux professionnels demandaient de meilleurs salaires que leurs prédécesseurs (p. 23).
Il mentionne aussi la vente aux enchères de laine organisée depuis 1931 à la foire de Labouheyre, pour réduire la dépendance des éleveurs aux courtiers collecteurs qui fixaient auparavant les prix. L'élevage ne représentait donc pas seulement, dans son projet, un retour sentimental aux paysages des échassiers : il supposait des écoles, de meilleures races, des cultures adaptées et une organisation commerciale renouvelée (pp. 23-24).
Arqué anticipe enfin l'objection forestière : les moutons ne détruiraient-ils pas les jeunes plantations ? Il répond que le troupeau pourrait contribuer à l'entretien des pare-feux et au débroussaillement, à condition de mettre les semis en défens durant leurs premières années. Les arbres deviendraient moins vulnérables à partir d'une hauteur généralement atteinte vers sept à dix ans. Des précautions seraient aussi nécessaires pour la santé des animaux, sensibles aux excès d'humidité et à certaines maladies dans les pâturages mal drainés. L'auteur défend ainsi la possibilité d'une complémentarité organisée entre la forêt et l'élevage, plutôt que leur concurrence absolue (p. 24).
10. Des droits et des travaux collectifs : le dernier argument d'Arqué
L'article se termine par un appel à la coopération. Après avoir longuement célébré l'initiative de Brémontier et de Chambrelent, Arqué souligne que les défis des années 1930 ne peuvent être résolus par des propriétaires agissant séparément. Les incendies franchissent les limites des parcelles, les insectes se déplacent, les eaux suivent les pentes et les fossés doivent être entretenus sur des réseaux qui dépassent chaque propriété. La régénération forestière exige une coordination entre communes, services publics, associations professionnelles et exploitants (pp. 24-25).
Une dernière anecdote évoque les habitants de Gujan et de La Teste, qui organisaient autrefois des processions contre le barbot, insecte ravageur des pins. Cette pratique avait suscité les moqueries des villages voisins. Arqué y voit pourtant le signe d'une capacité ancienne à se rassembler face à un danger commun. Il cite favorablement les statuts de l'Association syndicale forestière de Pissos et présente l'organisation volontaire des propriétaires comme une condition de la survie du massif (p. 25).
Le texte se boucle ainsi sur une contradiction féconde : l'auteur avait décrit la mise en valeur comme le succès des ingénieurs, des initiatives privées et de l'action impériale ; il constate en 1935 que la pérennité de cette œuvre dépend désormais de l'entretien commun des eaux, des chemins et des dispositifs de protection. La forêt landaise qu'il admire ne peut se maintenir sans des travaux récurrents et une entente durable entre ceux qui possèdent ou exploitent les terres.
Les idées fortes
Le drainage précède le boisement dans l'expérience décisive décrite par Arqué. À Pierroton, Chambrelent fait creuser les fossés avant de semer. Les graines et les jeunes plants souffraient à la fois de l'inondation hivernale et du dessèchement estival ; l'abaissement contrôlé de l'eau était la condition du succès des semis (pp. 14-15).
La fixation des dunes résulte d'une longue accumulation de méthodes. Brémontier bénéficie de l'expérience des frères Desbiey, de Charlevoix de Villers et de praticiens locaux tels Peyjehan. Le succès du programme repose sur des protections mécaniques des semis et sur l'action d'administrations successives, mais entraîne aussi des restrictions de pacage et de soutrage dans les lèdes (pp. 7-9).
Les Landes possédaient déjà une économie forestière ancienne. Arqué évoque les bois de dunes et de vallées, l'extraction de résine et des fours attestés dans la documentation ancienne à Vendays, Lacanau et Le Porge. Le XIXe siècle amplifie et redistribue les peuplements ; il n'invente pas entièrement la présence du pin ni ses usages (p. 6).
La vente des communaux a financé des équipements, mais l'article n'en établit pas tous les effets fonciers. Les recettes présentées par Arqué furent consacrées en partie aux écoles, mairies, chemins, églises et puits. Il ne reconstitue ni la liste des acheteurs, ni la concentration éventuelle des propriétés, ni le bilan social détaillé des droits d'usage supprimés (pp. 16-17).
Le réseau hydraulique n'est pas un ouvrage qui fonctionne définitivement sans entretien. Arqué observe des crastes dégradées et des secteurs de Pissos regagnés par les eaux. Inversement, autour des Leyre, l'incision des fossés et rivières peut abaisser excessivement les nappes. La question devient celle de la maîtrise saisonnière et locale de l'eau, pas de son évacuation maximale (pp. 19-21).
La végétation du sous-bois sert à diagnostiquer le milieu et ses difficultés de régénération. Genêt, fougère, ajonc, brande, molinie et callune ne sont pas traités par Arqué comme des plantes interchangeables. Leur développement accompagne des conditions distinctes de fertilité, de sécheresse, d'humidité et d'entretien (pp. 21-22).
La monoculture forestière n'apparaît plus comme une solution assurée en 1935. Face au déclin des prix de la résine et aux dangers pesant sur les peuplements, Arqué propose de réassocier forêt, pâturage et petites surfaces cultivées, en s'appuyant sur une formation renouvelée des bergers et sur l'organisation des éleveurs (pp. 22-24).
La survie de la forêt exige une action coordonnée. Arqué termine son étude en insistant sur les associations, les syndicats, la défense contre les feux et l'entretien des fossés. Les problèmes hydrauliques et sanitaires traversent les propriétés particulières, d'où son appel à une responsabilité collective (pp. 24-25).
Les principaux chiffres
Les données ci-dessous sont celles publiées ou rapportées par Paul Arqué en 1935. Elles se rapportent à des périodes et périmètres différents et ne doivent pas être additionnées ou transposées sans précaution.
| Donnée rapportée | Valeur | Contexte et référence |
|---|---|---|
| Terres des Landes envisagées dans la présentation de l'ancienne économie | 900 000 ha environ | Estimation générale de l'auteur, p. 6 |
| Part cultivée de ces terres selon Arqué | Environ un dixième | Économie ancienne, p. 6 |
| Population associée à ce tableau ancien | Moins de 250 000 habitants | Périmètre présenté par l'auteur, p. 6 |
| Programme de boisement et de fixation des dunes | 100 000 ha environ | Décret de 1801, p. 8 |
| Dromadaires envoyés pour essai | 5 animaux | 1834, p. 10 |
| Domaine impérial à l'origine de Solférino | 8 000 ha environ | Achat de 1857, p. 13 |
| Pente relevée par Chambrelent | Environ 0,001 m par mètre | Plateau drainé au sud-ouest de Bordeaux, p. 14 |
| Profondeur jugée suffisante pour certains fossés | 0,50 à 0,60 m | Expérience de drainage rapportée, p. 14 |
| Superficie de Saint-Alban selon Arqué | 5 000 ha | Domaine de Pierroton, p. 15 ; valeur non vérifiée indépendamment dans cet article |
| Hauteur des arbres après cinq années de semis | 3,50 m environ | Saint-Alban, p. 15 |
| Produit des ventes de communaux cité par Arqué | 13 432 000 francs environ | Gironde et Landes, p. 16 |
| Part de ces ventes concernant la Gironde | Plus de 5,5 millions de francs | p. 16 |
| Part de ces ventes concernant les Landes | Près de 8 millions de francs | p. 16 |
| Dépenses citées pour mairies et écoles | 1,6 million de francs | Utilisation des recettes des ventes, p. 16 |
| Puits destinés à la défense contre les incendies en Gironde | 120 | Situation décrite en 1935, p. 19 |
| Barrage du courant de Mimizan prétendument rehaussé | 0,32 m | Impact hydraulique rapporté, p. 20 |
| Prairies redevenues marécageuses à Aureilhan | Environ 30 ha | Après modification des niveaux d'eau, p. 20 |
| Profondeur mentionnée pour certaines eaux souterraines | Environ 7 m | Grande Lande après incision des écoulements, p. 21 |
| Cheptel ovin dans le département des Landes | Environ 400 000 têtes | Vers 1860, p. 23 |
| Bergers formés chaque année à Barsac, Arengosse | 6 à 7 personnes | École ouverte en 1933, p. 23 |
Conclusion de l'auteur
Paul Arqué ne termine pas par une condamnation du boisement, qu'il considère comme une transformation majeure du pays, mais par un appel à le compléter et à en corriger les faiblesses. Il estime que le pin et la résine ne peuvent plus porter seuls l'avenir économique des Landes. La perte de certains débouchés, l'appauvrissement d'une partie des peuplements et les difficultés hydrauliques justifient, selon lui, le retour d'activités complémentaires : petites cultures adaptées, élevage ovin, entretien pastoral des espaces forestiers et régulation plus fine de l'eau.
Deux conditions dominent sa conclusion. La première est la poursuite des initiatives techniques et de l'expérimentation, à l'image de ce qu'il attribue à Chambrelent. La seconde est l'organisation collective des propriétaires et des habitants : aucun exploitant isolé ne peut maîtriser les incendies, les ravageurs ou des réseaux de fossés qui traversent plusieurs domaines. L'auteur attend de cette coordination, appuyée par les pouvoirs publics, qu'elle protège les réalisations du XIXe siècle et permette de sortir de la crise du début des années 1930 (pp. 24-25). L'article comporte bien une conclusion argumentée, intégrée à sa sixième et dernière partie, intitulée « L'avenir des Landes ».
Repères de vocabulaire
Alios — Horizon durci que l'auteur décrit dans les sols sableux des Landes. Il peut modifier la circulation verticale ou latérale de l'eau. Arqué attribue certains dessèchements excessifs à son franchissement par l'érosion des fossés.
Craste — Fossé de drainage landais, naturel ou aménagé, destiné à conduire l'eau vers des collecteurs et des cours d'eau plus importants. Son curage régulier est essentiel au fonctionnement du système décrit par l'auteur.
Lède, lette, leute — Dépression allongée entre deux cordons ou reliefs dunaires. Arqué indique « lède » en Gironde et « lette » ou « leute » dans les Landes ; ces espaces étaient notamment concernés par des droits de parcours.
Soutrage — Prélèvement de végétaux du sous-bois, notamment de fougères et de litières, pour les usages des exploitations rurales. La mise en défens des semis pouvait restreindre cet usage.
Gemme, gemmage — Résine obtenue par entaille des pins et activité consistant à la recueillir. La chute de ses cours constitue une des causes de crise étudiées par Arqué.
Molinie, callune — Végétaux employés par l'auteur comme indicateurs d'humidité excessive ou de sécheresse et de pauvreté du sol. Leur expansion est présentée comme un obstacle à la régénération du pin.
Mise en défens — Interdiction temporaire du pâturage ou d'autres usages sur une parcelle, afin de protéger la germination et les jeunes plants.
Vergne — Nom régional de l'aulne, arbre de milieux humides envisagé par Arqué pour certaines terres demeurées marécageuses.
Référence bibliographique
Arqué, Paul. « Problèmes d'assainissement et de mise en valeur dans les Landes de Gascogne ». Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, tome 6, fascicule 1, 1935, p. 5-25. DOI : https://doi.org/10.3406/rgpso.1935.4176.
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Où consulter ce document : références institutionnelles
Persée — Article et fac-similé de référence : https://www.persee.fr/doc/rgpso_0035-3221_1935_num_6_1_4176
DOI — Identifiant pérenne de la publication : https://doi.org/10.3406/rgpso.1935.4176
Persée — Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest : https://www.persee.fr/collection/rgpso
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Repères du document
| Repère | Informations |
|---|---|
| Auteurs | Paul Arqué |
| Année | 1935 |
| Type | ScholarlyArticle |
| Langue du document | fr |
| DOI | 10.3406/rgpso.1935.4176 |
| Catégorie | Histoire des Marais |
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